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"La rue est à nous. On bloque partout", a lancé
l’un des principaux meneurs du mouvement, Joël Mongin, président de la
Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR), lors d’un rassemblement
devant le conseil régional. Il s’en est pris vivement à Pierre Vergès,
vice-président de la Région, qu’il a accusé d’"insulter" les
grévistes en refusant de satisfaire leurs revendications.
Les professionnels de la route (transporteurs de passagers
et de marchandises, ambulanciers, auto-écoles, etc.) se sont mis en grève jeudi
pour réclamer une baisse de 20 centimes du prix du gazole.
Pour se faire entendre, ils ont bloqué les principaux
carrefours routiers un peu partout dans l’île avec leurs véhicules,
n’autorisant que les voitures particulières et les véhicules de secours à
passer au compte goutte. Plusieurs kilomètres de bouchons ont été observés en
début de matinée dans l’île où la plupart des stations-service étaient en
rupture de gazole, faute d’approvisionement. Le principal réseau de bus était
également interrompu. De nombreux automobilistes ayant déserté les routes, la
circulation est redevenue plus fluide en fin de matinée.
Une table ronde est prévue en milieu d’après-midi à la
préfecture entre les grévistes, les services de l’Etat et les collectivités
locales pour tenter de trouver une solution au conflit.
A la Réunion, le litre de gazole vaut 1,25 euro et le sans
plomb 1,54 euro. Toutes les stations-service pratiquent le même prix. Les taxes
sur l’essence sont perçues par le conseil régional et non par l’Etat. Le
secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jégo, a annoncé jeudi avoir demandé
l’envoi d’une mission de l’administration pour faire "des propositions en
vue de maîtriser l’évolution des prix du carburant". "La structure
des prix du carburant suscite régulièrement des incompréhensions que justifie
en partie son opacité", a-t-il indiqué dans un communiqué.
(AFP) |