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Situées dans deux zones distinctes
(l'ouest et le nord-est), les terres – actuellement des zones de
savane où pâturent les troupeaux –, équivalant à près de la
moitié de la superficie de la Belgique. C'est la première fois
qu'un accord d'une telle importance est conclu, de l'avis des
spécialistes.
Les terres louées seront mises en
valeur par de la main-d'œuvre locale formée par des ingénieurs
agricoles sud-africains et sud-coréens, avait indiqué, en juillet,
Yong Nam-ahn, le président de Daewoo Logistics, la filiale
agroalimentaire du conglomérat sud-coréen.
Selon les déclarations du directeur
financier de Daewoo Logistics, Shin Dong-hyun, faites lundi 17
novembre à la presse sud-coréenne, la firme, déjà présente dans
la Grande Ile, prévoit de produire 500.000 tonnes par an d'huile de
palme dans la partie est de Madagascar, et 4 millions de tonnes par
an de maïs dans la zone ouest où la location porte sur un million
d'hectares. La Corée du Sud achète chaque année sur le marché
international près de 11 millions de tonnes de maïs, ce qui fait
d'elle le quatrième importateur mondial.
Conclu en juillet mais révélé
mercredi [19 novembre] par le Financial Times, l'accord ne prévoit
pas le versement d'argent à l'Etat malgache au titre de la location.
Daewoo, en revanche, financera leur mise en valeur. Selon Shin
Dong-hyun, la firme sud-coréenne a prévu d'investir 6 milliards de
dollars (4,8 milliards d'euros) au cours des vingt-cinq prochaines
années, et d'assurer la mise en place des infrastructures
nécessaires. Les semences de palmiers seront importées d'Indonésie
et du Costa Rica, celle de maïs des Etats-Unis.
L'accord conclu entre Madagascar et la
firme sud-coréenne va dans le sens du projet du chef de l'Etat, Marc
Ravalomanana qui, lors de la campagne présidentielle de 2006, avait
fait de la filière agro-alimentaire l'axe privilégié du
développement de la Grande Ile. Les experts estiment que 35 millions
d'hectares pourraient être exploités dans le pays alors que les
terres effectivement cultivées dépassent à peine 2 millions
d'hectares.
Madagascar n'est pas le seul pays
africain doté d'un potentiel agricole qui intéresse les groupes
agroalimentaires. C'est aussi le cas de l'Angola.
(…) Face à cette recherche effrénée
de terres arables l'Organisation des Nations unies pour
l'alimentation et l'agriculture (FAO) a publié récemment un
document mettant en garde contre les risques de "néocolonialisme".
Sa mise en garde n'a guère été écoutée.
(Le Monde)
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