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Les chiffres ont mis longtemps à remonter. La faute à des évaluations rendues difficiles par des télécommunications déficientes et des réseaux routiers gravement endommagés. Deux semaines après le passage du cyclone tropical intense Ivan sur Madagascar, le pays commence à peine à réaliser l’ampleur du désastre. 83 morts, 177 disparus, 580 blessés, 187 000 sans-abri, 322 000 sinistrés, voilà pour le dernier bilan humain communiqué hier soir par le bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC). Il s’est brutalement alourdi en raison de l’arrivée tardive d’informations provenant de la région d’Atsinanana (sud-est de la Grande-Île). Côté matériel, on compte 132 000 cases d’habitations endommagées, plus de 1 860 infrastructures diverses détruites, dont des routes, des écoles, des hôpitaux, des marchés, des bureaux administratifs, des réseaux de télécommunication. Le secteur agricole a également beaucoup souffert : 47 300 hectares de rizières inondées, 134 000 hectares d’autres cultures vivrières également détruits ou inondés. Désormais, c’est le spectre de la malnutrition et des épidémies qui plane sur une Grande Île déjà fortement mise à mal par le passage, fin janvier, du cyclone Fame. Évidemment, les pouvoirs publics malgaches et les organisations et associations caritatives sont sur le pied de guerre depuis plusieurs semaines, bien que les missions de sensibilisation ainsi que le prépositionnement de stocks de matériel d’urgence et d’alimentation aient permis de limiter les dégâts. Tentes, vivres, médicaments sont distribués, et l’État malgache travaille au rétablissement des voies de communication (routes, ponts et digues). Mais plus que jamais, le pays a lancé un appel à la solidarité internationale pour se relever de cette catastrophe nationale. Plusieurs pays comme la Chine ou l’Arabie Saoudite ont fait des dons, ou, comme la France, ont mis la main à la pâte en aidant à l’envoi de matériel humanitaire. Hier, la consul de Madagascar à la Réunion, Léa Ravololondratavy, a relancé cet appel à la solidarité auprès des Réunionnais. Même si ces derniers se sont déjà mobilisés spontanément pour l’envoi de denrées non périssables, de vêtements, de savon et autre produits de première nécessité, la diplomate a formulé “le souhait pour la continuité de cette coopération.” (Le Journal de l'île de la Réunion)
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