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    Malango Actualité MAYOTTE Maore : la surnotation des élèves, une réalité passée sous silence

     

    MAYOTTE    

    Décryptage

    Maore : la surnotation des élèves, une réalité passée sous silence

    Jeudi 7 Juin 2007- 11:02:14  - 
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    De plus en plus de jeunes Mahorais ont le Bac, se félicite l’administration. Une éducation de masse qui se fait bien souvent au détriment de la qualité de l’enseignement, et passe par une évaluation très généreuse des élèves.
     

    Chaque année, le nombre de bacheliers mahorais augmente : 933 en 2006, contre 902 en 2005, 805 en 2004, 709 en 2003, et ainsi de suite -ils étaient 34 en 1988. De même, chaque année depuis 2002, le taux de réussite dans les filières générales (L, S, ES) s'améliore. Il était l'année dernière de 63,7% des candidats, contre 57,9% en 2005, 55,4% en 2004, 50,7% en 2003 et seulement 44% en 2002 1. Les résultats sont toutefois moins tangibles dans les filières techniques et professionnelles, où le pourcentage d'admis est très fluctuant selon les années 2.
    Si ces chiffres restent très en-deça de la moyenne nationale (France métropolitaine et départements d'outre-mer), qui était en 2006 de 86,5% de réussite au Bac général, ils dénotent, affirme régulièrement l'administration de l'Education nationale, une progression dans le niveau d'étude des enfants mahorais. Ainsi, chaque début d'année est l'occasion pour le vice-rectorat de se féliciter de cette amélioration. La mission d'éducation de masse que s'est assignée l'administration dans un contexte très difficile -croissance démographique importante, immigration constante, gestion des flux délicate- recèle toutefois des effets pervers. Le constat n'est ainsi pas aussi positif que ne le laissent croire les chiffres. Il suffit pour cela de s'intéresser à ce qu'il se passe après le Bac…
    Une étude réalisée en 2004 sur les élèves et étudiants mahorais scolarisés hors de leur île 3 dressait un constat affligeant. Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), "le suivi d'une cohorte de 497 élèves présents en 1ère année de DEUG en 2001 laisse penser que le taux d'échec serait très important. En tous cas, en 2003, seuls 8% continuent leurs études avec leur diplôme en poche. La moitié sont toujours en DEUG et presque un quart a abandonné à la fin de la 1ère année" 3.
    Toujours selon cette étude, "un peu moins de quarante élèves sont inscrits dans des formations type Bac + 5 et plus en 2003. La moitié suit un cursus universitaire de 3ème cycle en DEA ou DESS. Sept élèves sont également inscrits en école d'ingénieur, quatre en Doctorat et un prépare une agrégation en arabe". Pourtant à l'époque, l'Insee dénombrait 1.700 étudiants du supérieur bénéficiant de la bourse de la collectivité, dont 46% sont en DEUG. Les élèves à opter pour des voies dites "élitistes" (études de médecine, d'ingéniorat…) sont des exceptions.
    Cet échec de la grande majorité des étudiants mahorais, et le manque d'ambition quant aux voies suivies, résulte selon le discours officiel largement répandu de causes plus ou moins diverses: difficultés financières, difficultés d'intégration une fois arrivé en France -ou à la Réunion-, manque de maturité, repli communautaire, etc… La question du niveau des élèves mahorais est rarement mise en avant. Pourtant, dans le corps enseignant, il est un fait dont personne ou presque ne se cache : les élèves mahorais inscrits dans le secondaire (collège et lycée) sont généralement surnotés.


    (la suite dans Kashkazi n°64)

    Article consulté 520 fois
    © Kashkazi 2007 - Reproduction soumise à autorisation

    Source : Kashkazi
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    Vos commentaires sur ce sujet

    ibrahim lattuf : je suis antièrement d'accord sur le constat effectué concernant l'échec scolaire des mahorais au niveau supérieur. Cependant, à mon sens cet echec ne peut se résumer que sur la surnotation des élèves au secondaire. Tout d'abord j'estime qu'il y'a un certain désintérréssement de nos politiques sur les étudiants. une fois que l'étudiant mahorais a son bac, il arrive en metropole avec un sentiment d'abandon. Il est livré à lui même et aucune structure ne le prend en charge (certains dirons alors qu'il y' a dasu...). C'est la dasu de mayotte qui est normalement sensée assurer la transition des étudiants mahorais en France mais pour elle cette mission est plus qu'un corvé. Je veus dire par là que la dasu n'assume pas bien son rôle! Elle n'a pas de personnelle compétent pour pallier les difficultés que rencontre les étudiants. A chaque fois qu'un étudiant ou lycéen qui se trouve en metropole apel à la dasu de Mayotte pour un quelconque problème le concernant (bourse, logement, études,...), personne ne se donne la peine de traiter son problème ou de lui donner une piste à suivre. La dasu est toujours "débordée" (d'après elle).
    La deuxième remarque que je peut me permettre sur la question c'est que les étudiants mahorais sont dans plus de 80% mal orientés sur leurs études. Beaucoup choisissent des fillières par défaut (soit par cequ'ils ont pas obtenu le BTS qu'ils voulaient soit parcequ'il ne savent pas trop quoi faire donc ils suivent les amis,...).Les mahorais ne sont pas au courrant des diffentes formations éxistantes en France.

    GUINAROUX : Etait-il possible d'atteindre une moyenne des bacheliers mahorais proche de la Métropole dans les années 80-90 ? Je ne suis pas si sûr, même avec une mise en place des politiques de discriminations positives, il faudrait attendre un bon demi-siècle pour parvenir à cette moyenne. Le système éducatif est un instrument de dominatination qui est maîtisé par la classe dominante d'une société, en raison de leur dotation en capitaux (culturel et symbolique, économique, Cf :Bourdieu P). La difficulté qui se pose est explicite et je crois que l'écart entre les moyennes des reçus en Métropole et à Mayotte tend à se réduire car les enfants mahorais maîtrisent de plus en plus la langue française, surtout pour ceux qui ont le privilège d'être bilingues (franco-maoré). Mais au delà cette moyennisation se constitue un fatras d'énigmes sociales à résoudre, à commencé du problème de chômage.

    GUINAROUX : Etait-il possible d\'atteindre une moyenne des bacheliers mahorais proche de la Métropole dans les années 80-90 ? Je ne suis pas si sûr, même avec une mise en place des politiques de discriminations positives, il faudrait attendre un bon demi-siècle pour parvenir à cette moyenne. Le système éducatif est un instrument de dominatination qui est maîtisé par la classe dominante d\'une société, en raison de leur dotation en capitaux (culturel et symbolique, économique, Cf :Bourdieu P). La difficulté qui se pose est explicite et je crois que l\'écart entre les moyennes des reçus en Métropole et à Mayotte tend à se réduire car les enfants mahorais maîtrise de plus en plus la langue française, surtout pour ceux qui ont le privilège d\'être bilingues (franco-maoré). Mais au delà la moyennisation se constitue un fatras d\'énigmes sociales à commencé du problème de chômage.

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