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MAYOTTE : “On merde, vous payez”, le nouveau principe établi par la préfecture

Jeudi 7 Juin 2007- 11:00:07  - 
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On connaissait le concept -encore très peu répandu, certes- du pollueur-payeur. L'idée est simple : l'entreprise dont l'activité a des conséquences sur l'environnement paye une taxe afin de remédier à ces conséquences, ou du moins de limiter leur impact sur la nature. Après avoir imaginé les taxi-PAF (des agents de la Police aux frontières se font passer pour des taximen afin d'attraper des sans-papiers) et inventé le concept de rafles-qui-n'en-sont-pas-il-ne-faut-pas-exagérer, la préfecture, toujours aussi imaginative quand il s'agit de s'attaquer au "fléau-de-l'immigration-clandestine" -ces termes semblent devenus indissociables dans l'île sous administration française-, s'est certainement inspirée du concept évoqué plus haut… pour en imaginer l'exact contraire. Car désormais, ce n'est plus le fautif qui paye… mais la victime. C'est d'ailleurs une idée que les lobbys du tout pétrole pourraient reprendre à leur compte en demandant à la Terre de rembourser son manque de réserves… Après tout, elle n'avait pas prévenu !
 
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Mais revenons à nos moutons, car si le pétrole pourrait bien un jour venir polluer l'atmosphère politique de l'archipel, nous n'en sommes pas encore là. L'histoire qui nous intéresse est celle du jeune Fatihou Halidi. Né d'un père français et d'une mère "étrangère" en situation régulière sur le sol mahorais, ce garçon a passé la quasi-totalité de sa scolarité dans l’île. Elève au lycée professionnel de Kahani, il s'apprêtait à passer les épreuves du BEP lorsque, le mardi 15 mai, il est arrêté au volant d'une voiture qui n'est pas la sienne, sans permis -il sera jugé en septembre pour ça-, avec à ses côté une fille de 14 ans. Lui en a 17, ou 18, ou 19… On ne sait pas vraiment, et c'est là que ça cloche.
Comme l'indiquait le Réseau éducation sans frontières de l'île de Mayotte (RESFim) dans un courrier adressé au préfet le 22 mai, l'acte de naissance et les certificats de scolarité depuis l'école primaire prouvent que Fatihou est mineur. "Il est né en octobre 1989, donc il n'a pas encore 18 ans", a affirmé sur RFO le proviseur du lycée, M. Decroux. Mais cela ne suffit pas, "il faut faire du chiffre", s'indigne le RESFim. Le 18, le jeune homme est reconduit à la frontière et envoyé à Ndzuani.
 Selon la préfecture, une radiographie a été réalisée avant son expulsion et prouverait qu'il aurait 19 ans au moins. Qu'il soit scolarisé et en passe d'obtenir un diplôme après de nombreuses années de vie dans l'île, et que ce type de radiographie ne soit pas fiable à 100%, ne semblent pas être des arguments de poids face aux objectifs chiffrés fixés à Paris. Les cas où les agents de la PAF changent l'âge de la personne arrêtée sont d'ailleurs monnaie courante, affirment des militants des droits des étrangers. Des enseignants membres du RESFim ont noté ces derniers temps de nombreux cas où l'âge de leurs élèves mineurs arrêtés est modifié afin de pouvoir les expulser. Un rapport de Médecins sans frontières avait effectué le même constat en septembre 2006, après une visite au Centre de rétention administrative. Après tout, un Comorien de 17 ans en fait bien 18…
Guy Mascres, le sous-préfet, n'en démordait d'ailleurs pas dans le journal télévisé du 30 mai en affirmant que "ce jeune homme est majeur". Avant toutefois de se rétracter et d'indiquer que s'il s'avère qu'il est plus jeune, "nos services feront le nécessaire pour revoir leur position". Autrement dit : nous sommes sûrs de nous, il est majeur, mais si toutefois il ne l'est pas, on avisera. Une belle preuve d'assurance.
D'ailleurs, ça n'a pas loupé. Mardi 29 mai, la famille de Fatihou, accompagnée du proviseur et du président du RESFim, a été reçue à la préfecture. Cette réunion dont M. Mascres a affirmé qu'elle serait "conclusive", a abouti à la décision de faire revenir le jeune homme. "Il a une autorisation d'entrée sur le territoire", affirme Albert Batteux, président du RESFim -ce qui n’est pas un titre de séjour. Il pourra ainsi passer ses examens de fin d'année, qui ont débuté à la fin du mois de mai et se poursuivent en juin ; à la famille du garçon de prouver, par la suite, que Fatihou est mineur.


 On peut donc en déduire que la préfecture, en faisant revenir le jeune homme -il est arrivé samedi 2 juin-, reconnaît son tord. Car il n'est pas courant qu'une personne expulsée bénéficie d'un droit au retour, tout provisoire qu'il soit. Belle preuve de mea culpa, diront les plus optimistes. Certes. Sauf que le billet de retour n'est pas pris en charge par la préfecture. Et c'est là que l'on en arrive à ce principe exceptionnel : le fautif ne paye pas. Pollueur… mais pas payeur. "C'est la deuxième fois que le RESFim va payer le billet d'avion d’un gamin", dit Albert Batteux, un rien contrarié.
En effet, il y a quatre mois, un cas similaire s'était produit. Le 7 février 2007, Abdou Assane était renvoyé tout en étant mineur et élève de 1ère scientifique. "Malentendu ? Erreur ? Difficile de le croire, quand on sait que ce même jeune homme a déjà fait l'objet d'une arrestation en 2006… et d'une radiographie du poignet. Simple procédure de contrôle de son âge, nous dira-t-on. NON. Humiliation inadmissible", écrivait dans un article publié dans ces mêmes colonnes le mois dernier (1) un membre du Resfim. Tout comme pour Fatihou, le Réseau s'était alors mobilisé pour faire revenir le garçon avant les examens. "Appels téléphoniques, fax, courriers… en kyrielle, auprès des autorités. On reconnaît l'illégalité du renvoi et on promet son retour imminent… pour la rentrée scolaire du 12 mars", poursuivait l'article. Le 25 mars, toujours rien.  Il aura fallu un mois et demi de tractations, de mobilisation des enseignants, de signature d'une pétition, pour voir le dossier avancer, et le jeune homme obtenir le droit de revenir à Maore… Le droit, mais pas l'argent : là aussi, le RESFim avait dû débourser pour pallier à la faute de l'administration.


 Voilà donc une nouvelle forme de pacte social : les victimes d'irrégularités ou ceux qui souhaitent les aider, doivent payer. Dans cette perspective, on peut imaginer toutes sortes d'évolutions qui modifieront sensiblement le contrat social. La personne qui se sera faite cambrioler son domicile devra payer les objets volés à ceux qui les auront dérobés. Après tout, ils n'avaient qu'à pas posséder des biens. S'ils n'ont pas les moyens, ils pourront toujours s'adresser à une association de victimes de voleurs qui organisera des lotteries pour financer ces dépenses. Celui qui se sera fait rentrer dedans, en voiture, par un chauffeur distrait ou saoul, aura lui non seulement les réparations de son véhicule à financer, mais aussi celles de son co-accidenté. Quelle idée de se trouver sur sa route ?
On peut également imaginer que l'enseignant qui aura décidé du redoublement d'un élève afin qu'il acquière les bases nécessaires à son épanouissement ait à financer l'année de scolarisation en plus qu'il aura imposé à cet enfant. A lui de payer les vêtements, la nourriture et les fournitures scolaires de l'élève. Tant qu’on y est, puisqu'il s'agit d'une question d'actualité avec le récent accident de l'avion de Comores Aviation à Ndzuani : les passagers qui auront échappé à un crash devront rembourser le prix de leur billet à la compagnie aérienne. Après tout, s'ils n'avaient pas été dans l'avion, peut-être que celui-ci aurait atteint son objectif…


 En parlant d'avion, on peut imaginer que la compagnie qui dessert les quatre îles de l'archipel sera la grande gagnante de ce nouveau concept. Non seulement elle est rémunérée pour transporter les sans-papiers vers Ndzuani, mais voilà que désormais, elle va vendre des billets à ces mêmes refoulés qui auront obtenu le droit de revenir ! C’est les passeurs qui vont pas être contents...


Rémi Carayol


(1) Lire Kashkazi n°63 (disponible sur www.kashkazi.com)

Article consulté 666 fois
© Kashkazi 2007 - Reproduction soumise à autorisation

Source : Kashkazi
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Vos commentaires sur ce sujet

dino : slt à tousd'abord merci à tous les gens qui nous permet d'apprendre ce qui se passe à mayotte et partout dans le monde mais ce qui se passe à mayotte c'est peut etre flagrant mais meme ici en metropole c'est pareille on vit la miser le maoré et le comorien sont pareille et ne soyons pas bete ne croyons pas la france nous aime,je vous conseil d'aller lire notre histoire et vous verez que la france s'est toujours servi de nous ce qui compte c'est leurs interets,la france nous a toujours mis en conflit(divisé)c'est sa politique et c'est partout pareille dans tous ses colonies dans un pays le plus important c'est l'education et c'est jamais sa priorité elle sait que c'est un danger pour elle bref pour regler le probleme d'immigration des comoriens à mayotte il faut revenir dans notre hisroire, et se poser plusieurs questions mais beaucoup politiques c'est la france qui est responsable de tous les crises politiques aux comores et la miser s'instaler et les gens se sauvent et le plus proche c'est mayotte donc il faut d'abord que la france donne une stabilité politique et il le fera jamais parcqu'elle sera perdant,donc arreté les conflits on est tous pareil et resté humain envers les comoriens ne les traités mals avec ou sans papier parcque vous etes pas d'accord de la façon que les francais nous traite ici en france comoriens ou maoré on 'est de la merde envers eux alors repeté pas les memes erreurs et merci aux associations qui se batte pour le droit de l'homme ce qui'est dur aujourd'hui et soit disons on vit dans une democratie ici c'est plus en plus dur la police nous traite mal et heureusement qu'ily a le media qui denonce sinon ça seré pire nous vous inquiété pas every thing will be all right et les comoriens vont resté chez eux comme ils aimeré

MOImadi : comparaison n'est pas raison , il ne faut pas tout melanger. a mayotte il y'a unpeu de tous, donc arreté de montrait du doit et de stigmatiser les un et les autres

mariati : Ne confondez pas les "petits blancs" qui viennent à Mayotte pour l'argent et n'ont rien à faire des clandestins d'ailleurs, et les personnes qui, profs ou autres, défendent le droit à l'éducation qui signifie de pouvoir terminer un cursus d'étude et le sanctionner par un diplôme. Ne confondez pas non plus le débat POLITIQUE sur le problème de l'immigration, dans lequel le réseau éducation sans frontières ne rentre pas, et le problème HUMANISTE face au traitement parfois indigne, toujours soupçonneux, des clandestins. Qui d'entre vous ne s'est pas trouvé au moins une fois choqué par l'arbitraire des décisions de la préfecture de Mamoudzou ? Même lorsqu'on peut légitimement avoir un titre de séjour ou une pièce d'identité, on doit en passer par des heures de queue et se faire refouler pour un papier qui manque ou qui est devenu périmé. Même les Mahorais le subissent ! Quant à la personne qui critique les "petits blancs", attendez-vous que l'on deviennent département (avec des blancs) ou bien qu'on soit indépendant (entre nous ) ? Il faut choisir....

GUINAROUX : J'ai écris précédemment sans prendre véritable de position à aucun des partis directement concernés, parce qu'en réalité il y a des miltiples acteurs qui font vivrent le débat. Dans quel sens devrais-je mener la discution ? me demandais-je. Est-ce en tirant vers le bas, c'est-à-dire en portant le contexte à l'échelle microsociale avec tout ce que celà comporte comme compromis dûs à l'évaluation de rôle de chacun ou au contraire en tiraillant vers le haut, c'est-à-dire en soumettant l'individu dans la structure sociale ? c'est dans cette deuxième perspective que je me réjuirai d'apporter mes observations sur les circonstances.

L'Etat n'est en jamais fautif mais il arrive que des réprésentants assez vulnérables agissent contre lui et donc ses intérêts et "foutent le bourdelle" dans le système. Autant que pour le dire, j'aime Mayotte mais également les personnes qui y habitent. Bien sûr parce que c'est un "pays "où la démocratie, qui prend son importance dans les libertés et les droits, et l'égalité font de chacun un centre de déscision et par conséquent donnent le droit d'autodétérmination de l'individu sur ses choix.

Je dénonce à tous ceux et celles (quelque soit leur statut social) qui encouragent le racisme, le sexisme, l'homophobie ou toutres autres formes de violence humaines.

Fatihou Halidi est un jeune qui met certainement en pratique des valeurs et normes au rythme de ses caractères rationnelles, un futur "adulte" même s'i n'est pas officieusement prouvé alors qu'il serait officiellement et c'est peut-être un futur mahorais (et français?).

A l'encontre des commentaires faites par les uns et les autres, personnellement, la question de nationalité n'est que secondaire. Et de plus je réfute les conceptions de ceux et celles qui pensent qu'il n'y a pas assez pour tout le monde.
Moi même, je suis étudiant et je participe aux manifestations anti-expulsion des sans-papiers dans les universités et je le fais par le pricinpe d'humanité.

En outre, je suis pas là pour encourager des pratiques s'incrivant dans le hors-norme ; un crime, un délit, une contrenvention doivent-être punis dans les règles sans avoir recours à une discrimination.

"Je dis des choses et je me contredis par la suite parce que la concurrence fait la force d'une société."

BACAR LAYDINE : VOUS SAVEZ SA N'ETONNE PERSONNE CE QUI SE PASSE DANS NOTRE ÏLE ! QUAND ON SAIT QU'ON NOUS ENVOIT DES PROFESSEURS OU VOIR MM DES PREFETS QUI SONT EN FIN DE CARRIERE ET QUI PRATIQUEMENT N'ONT PLUS RIEN DANS LE COCO C'EST NORMAL QUE TOUT CE QUI ARRIVE MAINTENANT ! LA QUESTION DE LA CLANDESTINITé POUVEZ VOUS ME DIRE PENDANT COMBIEN DE TEMPS notre île fait l'objet de ce fleau massive ! aujourd'hui on ne compte plus le nombre de clandestins qui se trouve dans cette merveilleuse île ! ALORS IL FAUDRAIT ARRETTER DE PRENDRE LES MAORAIS COMME DES GENS DU MOYEN AGE

Dan : Il est extraordinaire de constater que des petits blancs, de bas étages en métropole puissent venir à Mayotte et nous expliquer comment ça marche.En effet, il faut savoir que majorité des enseignants qui vient à Mayotte ne le font que pour toucher argent au travers de primes pour palier problème accumulés en métropole. Donc, ces gens "bien intentionnés" s'imaginent pouvoir faire du social en protégeant des clandestins. Il suffit ! Messieurs les enseignants, faites le travail pour lequel vous êtes payé et si vous voulez jouer aux moralisateurs, il faudrait peut être que vous ayez avant tout prouvé ce dont vous êtes capable.
Mayotte ne peut acceuillir la terre entière. Vous arlez des clandestins comme étant tous Anjouanais, quid des coupeurs de têtes, traficants en tout genre soit disant réfugiés d'Afrique ?
Stop à tout ça, chacun à son boulot et les vaches seront bien gardées.

raihata : il faut trouver une solution pour ces problemes de clandestins car on va finir tres mal "guerre civile"il va y avoir beaucoup de sang. mais il y`a une question que j`ai envie de poser.
- est ce que on n`est vraiment francais? je trouve que nos elites ne bougent pas assez pour qu`on beneficie de meme abondance qu`en france ne n`est pas normale. je pense que les dirigeants de notre pays se mettent tout dans les poches et tampi les problemes de clandestins ou autres. voua allez voir un bain de sang va.... sur mayotte et sa etre du jolie
j`aime mon pays,au bout de 7 ans en Ecosse je suis de parti en vacances a mayotte et on insulter par des comoriens, je ne pouvais pas me vetir comme je voulais.ce n`est pas possible de vivre a mayotte sans pressions."mon pays perd de sa beaute, j`en pleure et c`est pathetique.

RAIHATA : On n`est un pays ou on accepte tout le monde mais il ne faut pas abuser non plus.les clandestins veulent faire la loi dans notre pays et je n`accepterais jamais cela. il faut se resigner au loi d`un pays quand on veut que sa marche mais avec c`est gens la ce n`est pas le cas.En tout cas si ils se permettent certaines choses c`est a cause de nous et il faut que sa cesse. Car ses comoriens cherchent une vie meilleure et on ne peut interdire a quelq`un de connaitre le bonheur.mais on a rien pour nourrire tous ce monde.

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