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Coll'Air appelle au boycott |
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Dans la guerre des mots qui pollue le ciel entre la Réunion et Mayotte deouis une semaine, l'association Coll'Air Mayotte, qui vise à faire baisser le prix des billets d'avion au départ de Mayotte et qui a fait de la fin du monopole (de fait) d'Air Austral son cheval de bataille, a appelé hier au boycott de la compagnie Air Austral. Si ce boycott parait difficile à réaliser (il faudrait pour se rendre en France passer par Moroni et prendre au moins deux compagnies), l'association, qui est à l'origine du projet d'Axis Airways, semble tenir à sa démarche. Ses membres appellent d'ailleurs à une manifestation lundi 8 mai sur la place du Marché à Mamoudzou et exigent des excuses de la part de la compagnie et de Paul Vergès. Avec ce qu'a dit hier Gérard Ethève, ils peuvent attendre longtemps.
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C'est un Gérard Ethève visiblement courroucé qui a posé les pieds hier sur le sol mahorais. Le président du directoire et directeur général de la compagnie aérienne Air Austral a tenu à faire le point avec la presse locale sur ce qu'il a appelé lui-même "l'affaire Axis Airways", qui déchaîne les passions médiatiques depuis une semaine. Selon lui, "nous sommes dans une situation de propagation de fausses nouvelles" qui écorchent "l'image de la compagnie et de moi-même". Après les révélations mercredi dernier du Journal de l'île de la Réunion selon lesquelles le président du Conseil régional de la Réunion, également président du Conseil de surveillance d'Air Austral, Paul Vergès, serait intervenu en plus haut lieu à Paris pour demander à ce que la compagnie française Axis Airways n'obtienne pas l'autorisation de desservir la ligne St-Denis-Mamoudzou, comme elle en a l'intention, la presse mahoraise s'est emparée du dossier. Vendredi, Mayotte hebdo titrait "Le non de la Réunion". Hier mardi, Le Mahorais allait plus loin en affirmant dans son titre : "Air Austral bloque Axis Airways". Selon Samuel Boscher, Gérard Ethève lui-même aurait appelé Vergès pour lui demander d'empêcher cette nouvelle concurrence. Faux et archifaux, a rétorqué hier le directeur de la compagnie qui dessert Mayotte depuis trois décennies. "Ni la compagnie, ni M. Vergès ni moi-même ne sommes intervenus dans cette affaire. Air Austral ne se sent pas concernée par les démarches d'Axis Airways. Tout cela est surréaliste", a-t-il soutenu. "Ce qui me choque, ce n'est pas que l'on critique Air Austral, c'est qu'on propage de fausses informations".
"Les clients feraient leur choix"
Selon lui, "si Axis ne vient pas, Air Austral n'y sera pour rien." La preuve, affirme-t-il, c'est qu'"Axis n'a pas besoin d'autorisation pour desservir cette ligne. Une compagnie qui a l'autorisation de transport français n'a pas besoin de demander l'autorisation quand elle veut ouvrir une ligne sur le territoire français. Air Austral, qui dessert actuellement Louxor (en Egypte, ndlr) depuis Paris, n'a pas eu à demander l'autorisation. Axis n'a rien à demander à personne !" Surtout, répète-t-il, Paul Vergès, "qui ne s'intéresse pas à la gestion quotidienne de la compagnie", n'a rien à voir avec cette histoire, a-t-il soutenu. Jouant de provocation, M. Ethève a même affirmé qu'une concurrence ne lui déplairait pas. "Les clients se rendraient ainsi compte de la qualité de services que nous proposons et feraient leur choix", pense-t-il. Il a toutefois indiqué que la situation économique de la compagnie n'était pas au mieux : "La crise du chikungunya a fait baisser notre fréquentation de 20%", a-t-il déclaré. Rappelant le passé d'Air Austral à Mayotte et le fait que "jamais nous n'avons abandonné cette ligne, jamais nous n'avons annulé un vol", Gérard Ethève a paru visiblement atteint par ces attaques médiatiques. D'autant, a-t-il affirmé, "que je connais les responsables d'Axis Airways. Je n'ai pas envie qu'ils croient que je fais tout pour les empêcher de venir ici". D'ailleurs, il est possible que la compagnie née à Montpellier en 1999 atterrisse très prochainement à Pamandzi. Sa demande de vol charter, actuellement étudiée d'un point de vue technique par la direction générale de l'aviation civile en France, devrait obtenir une réponse favorable dans les jours qui viennent. Son arrivée est programmée pour la mi-juin.
RC
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