|
L'affaire Ali Mohamed |
|
|
|
En 2007, le directeur financier de la collectivité, Ali Mohamed, avait été arrêté et placé en détention pour corruption. Son incarcération, durant un mois, et les conditions de son arrestation, qui faisait penser à un traquenard, avaient provoqué la colère des principaux cadres de l'administration locale. Pour la première fois dans l'histoire de l'île, plusieurs jours de grève avaient été organisés au sein de l'administration territoriale en soutien à Ali Mohamed, qui a depuis été libéré et mis en examen.
|
|
| |
Les tracts incendiaires voire insultants ont refait surface dans les couloirs du Conseil général. Depuis la crise du mois de février 2007, consécutive à l'affaire Ali Mohamed (lire ci-contre), les auteurs de tracts –alors devenu un moyen d'expression quotidien- s'étaient fait discrets, le départ de l'ancien Directeur général des services (DGS), M. Rousselle, ayant apaisé la situation. L'élection en mars dernier d'Ahmed Attoumani Douchina à la tête de la Collectivité départementale, et la "chasse aux sorcières" qui s'en est suivie, a réveillé les vieux démons. Plusieurs tracts anonymes, depuis, ont été publiés et distribués dans les couloirs du Conseil général. Le dernier en date s'en prend nommément à l'un des plus proches collaborateurs du président, membre de son cabinet. S'il ne recèle en soi pas grand intérêt, cet écrit symbolise l'ambiance au sein de l'administration locale. Alors que lors de son élection, M. Douchina avait assuré qu'il ne chamboulerait pas l'administration mise en place par son prédécesseur, Saïd Omar Oili, une "chasse aux sorcières" a débuté il y a quelques semaines. Tandis que les fonctionnaires jugés pro-Kamardine se plaignent de ne pas être considérés par le président, les agents suspectés d'être proches de Oili, très nombreux, sont petit à petit mis de côté. Il faut dire que l'ancien président avait habillement placé ses hommes à la tête de l'administration, où sont également nombreux les partisans de Mansour Kamardine. Malgré un gros travail effectué dans le cadre de la départementalisation, André Dorso, recruté au poste de DGS par Oili en 2007 et très proche de ce dernier, a été remercié après quelques mois de collaboration. Lors de son pot de départ, M. Douchina a reconnu que M. Dorso avait bien travaillé mais qu'il présidait une majorité qui désirait son départ –sous-entendu : lui, non. Par ailleurs, certains directeurs jugés pro-Oili se sont vus retirer leur délégation de signature, comme celui des ressources humaines. D'autres responsables de service ont été mis sous tutelle. Dans le même temps, le cabinet du président, très politisé, a entrepris de reprendre le contrôle sur certains dossiers. Ces bouleversements interviennent dans un contexte de grandes tensions au sein de l'UMP, entre d'un côté les pro-Douchina, et de l'autre les pro-Kamardine (l'ancien député qui ne fait pas partie de l'assemblée). Ils s'accompagnent en outre de nombreuses incertitudes quant à la composition des collaborateurs du président : certains membres de son cabinet pourraient prochainement être remerciés. Le futur DGS, qui devrait arriver mi-septembre, aura du pain sur la planche. VM
|