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Douze camions, une soixantaine d'hommes habillés en treillis, et l'effet de surprise. La gendarmerie a mis les gros moyens hier en tout début de matinée pour effectuer une opération de contrôle d'identité d'un nouveau genre, dixit le lieutenant-colonel de gendarmerie Guillemot. Les gendarmes ont investi le village aux alentours de 5 heures du matin. "Je sortais pour aller faire ma prière quand je les ai vus. Ils m'ont demandé mes papiers. Heureusement je les avais. Maintenant, il faut toujours les prendre avec soi", nous expliquait hier à 8 heures un habitant du village du centre de Mayotte. Durant plus de deux heures, les hommes en bleu ont contrôlé tous les passants, essentiellement dans le quartier Mogoni, où vivent de nombreuses personnes en situation irrégulière. "Ils sont arrivés avec leurs matraques et nous ont contrôlés. Certains ont eu le temps de fuir, d'autres non", expliquait un jeune homme. "Ils m'ont arrêté alors que j'allais chercher de l'eau pour ma prière puis m'ont relâché ensuite parce que j'étais vieille", affirmait une femme. Aucun témoin n'a parlé de violence physique. En tout, une soixantaine de personnes ont été arrêtées, affirme M. Guillemot. "Une dizaine ont été relâchées soit parce que c'étaient des femmes enceintes, soit parce que c'étaient des personnes âgées". Par contre, de nombreux enfants ont été retenus. Ils ont été envoyés vers Anjouan hier après-midi avec les adultes également interpellés. Des images devenues courante dans cette île...
Un lien avec les émeutes passées ?
Cette opération laisse un goût amer dans le village. D'abord par son ampleur, que le lieutenant-colonel explique ainsi : "C'est une nouvelle tactique. J'ai décidé de concentrer nos efforts en un seul lieu dorénavant, plutôt que d'effectuer des contrôles un peu partout. Les sans-papiers sont au courant maintenant de nos méthodes. A 5 h ils partent se cacher en brousse puis reviennent plus tard, il convient donc de modifier nos procédures. A Combani, nous avons inauguré cette nouvelle tactique." Dans le village cependant, on croit dur comme fer qu'il s'agit d'une action de représailles menée par les autorités et demandée par le maire de la commune, Ali Souf, après les émeutes de la semaine dernière. "Ali Souf est même pas capable de venir ici, il nous envoie des gendarmes", se plaignaient hier matin des jeunes du village. "Ils s'en prennent aux étrangers alors que ce sont les Mahorais qui ont manifesté la semaine dernière", se désolait pour sa part un sans-papiers qui a échappé au contrôle. "On veut nous faire porter le chapeau alors que nous ne sommes pour rien dans cette histoire entre le maire et les habitants du village". M. Guillemot affirme pour sa part que cette opération n'a rien à voir avec les événements du week-end dernier. Ali Souf a nié ces accusations.
RC
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