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Le conseiller municipal de Bandraboua a été élu à une très courte majorité, avec 11 voix contre 10 à son adversaire, le conseiller municipal de Bouéni, Ahmed Madi (MDM). Issihaka Abdillah succède à Ibrahim Soibahaddine, le sénateur UMP qui ne fait plus partie de l'assemblée du Syndicat, composée d'un délégué de chacune des 17 communes de l'île et de quatre représentants de la Collectivité départementale (Zaïdou Tavanday, Saïd Mkadara, Ahamed Abdou et Madi Souffou) – cette dernière finance à hauteur de 40% le SMIAM. Le scrutin s'est déroulé à bulletin secret dans une ambiance tendue. Outre l'importance que représente la direction d'une telle structure, chargée de construire les écoles primaires et les équipements sportifs (plateaux, stades, …) dans l'ensemble du territoire –deux secteurs, le sport et l'éducation, clés dans une île où la grande majorité de la population a moins de 25 ans-, l'élection revêtait un enjeu politique majeur. Deux semaines après la réélection de Madi Ahamada à la tête du Sieam (Syndicat intercommunal de l'eau et de l'assainissement de Mayotte) contre Maoulida Soula (lien vers article), le candidat de la majorité au Conseil général, il s'agissait pour la coalition UMP/MDM portée à la tête de la collectivité après les élections de mars de ne pas laisser échapper le deuxième syndicat intercommunal de l'île. De nombreuses pressions ont ainsi été exercées ces derniers jours sur les délégués du SMIAM. Selon l'un d'eux, "un entrepreneur de ma commune m'a appelé pour me dire de voter Ahmed Madi". Un autre délégué affirme avoir reçu "des menaces de licenciement" de son employeur, un maire d'une commune favorable à Ahmed Madi. Le cabinet du Conseil général aurait également activement soutenu la candidature du conseiller de Bouéni. Enfin, le délégué de Koungou, favorable à Issihaka Abdillah, manquait à l'appel ce mercredi. Selon certains délégués, il aurait été "remplacé" au dernier moment par son suppléant... Ces pressions n'ont cependant pas influé sur le résultat final. L'ancien directeur de cabinet de Oili entre 2005 et 2008 a été élu sur le fil. "Je remercie tous ceux qui ont voté pour moi, mais aussi les autres", a-t-il lancé à l'assemblée à l'issue du scrutin. "Le combat que nous entamons aujourd'hui est celui des 17 communes de Mayotte et j'espère qu'il n'y aura pas d'opposition car notre mission est noble". Plus tard, le nouveau président du SMIAM, élu pour trois ans, a évoqué "un chantier colossal pour l'avenir de Mayotte". Il s'agit selon lui "de construire les écoles pour tous les enfants et des équipements sportifs capables d'accueillir des compétitions régionales et internationales." Afin de construire "300 classes" en 3 ans, M. Abdillah compte "développer les partenariats avec le vice-rectorat et le Conseil général" et "trouver de nouvelles ressources". Depuis trois ans, le SMIAM est très critiqué par les instituteurs pour n'avoir pas su (ou pu) anticiper l'explosion démographique et la crise foncière. Le Syndicat des enseignants estime à 400 le nombre de classes supplémentaires dans le premier degré nécessaires pour répondre à la demande. VM
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