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Les stations du nord (Dzoumogne, et Longoni), du centre (Majicavo) et du sud (Chirongui) sont fermées, alors que celles de Kaweni et Tsoundzou, autour du chef-lieu Mamoudzou, délivrent du carburant au compte-goutte - seule la station de Petite Terre était, lundi 18 février au soir, épargnée. Certains automobilistes ont attendu ces derniers jours plus de deux heures avant de pouvoir faire le plein. A Kaweni lundi 18 février, une file de voitures longue de plus de 50 mètres aux abords de la station a perturbé la circulation sur la route nationale.
Cette perturbation qui passe difficilement auprès des usagers, est liée à la panne de deux des cinq camions-citernes que compte la société Total à Mayotte. L'un est en travaux, en vue de son passage au contrôle technique, et l'autre est tombé en panne mercredi 13 février. Parmi les trois autres, un camion est monopolisé par EDM (Electricité de Mayotte) pour alimenter la centrale électrique de Kaweni – situation exceptionnelle liée à la révision de la centrale principale des Badamiers, celle de Kaweni servant habituellement d'appoint. Ce faisceau d'événements ne laisse donc à la société qui détient le monopole de la distribution de carburant dans l'île que deux camions pour approvisionner les stations-service. Or avec quatre rotations par jour sur la barge qui relie la Petite à la Grande Terre –les cuves de Total se trouvent en Petite Terre-, il n'est pas possible de les alimenter toutes, d'où la fermeture de celles du sud et du nord. Selon la direction de Total interrogée par Télé Mayotte, cette situation pourrait perdurer deux semaines, ce qui devrait considérablement perturber le trafic automobile et le travail des taximen.
Questionnée par le quotidien Flash infos (n°2032 du 19 février), la direction de Total affirme avoir commandé trois camions-citernes en 2006, pour faire face aux travaux de mise en conformité nécessaires pour le contrôle technique et au développement de l'activité. "Cela remonte à très longtemps et il y a eu beaucoup de retard", déplore Jean-Baptiste Houriez, le directeur de Total Mayotte, dans les colonnes du quotidien sur abonnement. En attendant leur arrivée à Mayotte, il dit ne pas avoir trouvé de camion "de secours" dans la région.
Autre conséquence de cette situation, Electricité de Mayotte se voit contrainte d'organiser des délestages. En effet, alors qu'EDM dispose habituellement de 40 Méga Watts (MW) de capacité de production avec sa centrale des Badamiers en Petite Terre, et de 11 MW avec sa centrale de Kawéni en Grande Terre, elle n'est capable de fournir actuellement que 22 MW, deux des groupes électrogènes des Badamiers étant en révision. Cela ne poserait aucun problème si Total pouvait livrer Kaweni sans arrêt… ce que la multinationale est incapable de faire. Ainsi, des délestages sont organisés depuis vendredi 15 février.
VM
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