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Après les découvertes faites sur la plage de M'zaouzia le 21 mai et sur celle de Saziley le 27 mai, de boulettes de fioul déversées par la marée (lire Le Canal 172 de lundi 29 mai et Kashkazi n°42), le Conseil culturel et environnemental de Mayotte a tenu à réagir vendredi au cours d'une conférence de presse organisée à Mamoudzou. Par la voix de son premier vice-président, Spelo Rastami, le CCEE s'est inquiété du manque de réaction des autorités. "Nous sommes dans un lieu où passent des pétroliers. Pas dans le lagon mais au large. Ce pétrole a été déversé à l'extérieur du lagon. Mais s'il est arrivé jusqu'à nos plages, quelle quantité a été déversée ? Dans quel état est le lagon ? Car ce ne sont pas seulement les plages qui ont été touchées. Les recherches se sont concentrées autour des plages, mais c'est dans tous le lagon qu'il faut aller voir. Les coraux en ont peut-être reçu une bonne dose. Si c'est le cas : pauvre Mayotte !" Les membres du CCEE regrettent le silence des autorités à ce sujet -même si elles ont rédigé un communiqué de presse jeudi dernier (lire Le Canal 176 de vendredi). "Nous disons aux autorités compétentes : "Retroussez vos manches !" Il faut essayer d'aller dans le lagon et derrière car nous pensons que la grosse quantité n'est pas à la surface de l'eau. Il faut absolument faire un état des lieux." Selon le CCEE, la préfecture n'a pas réagi assez vite à la menace. "Ils ont l'air de prendre ça à la légère. Ici, si personne ne gueule, on ne fait rien. Ils veulent faire croire que c'est une première, mais ce n'est pas une première. Nous avons toujours connu ça nous, du pétrole sur les plages." Rastami s'inquiète des effets négatifs d'une telle pollution. "Sur l'économie, notamment sur les professions de la mer. Sur le tourisme. Sur l'écosystème. Et pour nous : si le poisson que nous mangeons a mangé de la merde, elle sera dans notre corps ! Bonjour les dégâts !"
RC
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