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Peu médiatisée en France, la fonction de directeur de cabinet du préfet est bien plus exposée dans les territoires ultramarins, notamment à Mayotte. C'est que les dossiers brûlants ne manquent pas dans cette île : évolution statutaire, lutte contre l'immigration clandestine, relations avec l'Etat comorien, conflits sociaux, et parfois extradition de dictateurs… Autant de domaines que le nouveau dir'cab' de la préfecture, Jean-Paul Normand, devra traiter. Lors d'une conférence de presse donnée jeudi 21 août, il n'a cependant pas souhaité évoquer ses principales missions. "J'attends la feuille de route qui me sera remise par le préfet", a-t-il indiqué. Le successeur de Vincent Bouvier (parti en Aveyron), Denis Robin, doit poser ses valises à Mayotte début septembre.
Arrivé samedi 16 août à Mayotte, Jean-Paul Normand présente un profil atypique. Né en Algérie en 1962, il a passé son enfance à l'étranger, dans différents pays, notamment en Amérique du Sud. Après des études en France (Langues étrangères appliquées), il continue son tour du monde en Asie, aux Philippines, où il enseigne le français. Un parcours qui l'oblige, a-t-il affirmé, à "ne jamais avoir de préjugés".
En 1990, il rentre en France et officie durant six ans à l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et des apatrides), une structure de plus en plus active à Mayotte, notamment depuis la fuite et la demande d'asile de Mohamed Bacar, ses ministres et ses militaires. Ce passé a-t-il joué en faveur de cette affectation ? "Certainement", répond-il, sans entrer dans les détails.
De même, peut-être que les douze dernières années qu'il vient de passer en Corse, au sein de la préfecture –après une formation à l'Institut régional d'administration à Bastia-, dont les deux dernières en tant que chef du bureau du cabinet du préfet, ont joué en sa faveur. Si les deux territoires sont très différents, M. Normand présente l'avantage de maîtriser un contexte insulaire… et parfois incompris. "Lorsque je discutais avec des amis, à Paris, de la Corse, j'avais l'impression qu'ils parlaient d'un pays différent de celui dans lequel je vivais. La réalité que je vivais n'était pas celle qui était perçue à Paris", explique-t-il, avant d'ajouter : "Je me suis dit qu'à Mayotte, cela ne devait pas être très différent."
VM
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