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La salle du Conseil général était pleine de médecins et membres du corps para-médical hier soir. Une séance d'information était organisée pour faire le point sur les connaissances concernant le virus du chikungunya, en présence de trois médecins venus de la Réunion, d'Antoin Perrin, responsable des hôpitaux au niveau régional, et du préfet, Jean-Paul Kilh. Celui-ci a rappelé que toute l'efficacité de l'action contre le virus reposait sur la rapidité d'intervention après le signalement des cas de personnes contaminées, et a affiché sa satisfaction quant aux réponses apportées. "Nous monterons progressivement en puissance en même temps que l'épidémie", a-t-il annoncé, précisant que les moyens nécessaires étaient disponibles. Des renforts venus de l'hexagone sont attendus aujourd'hui pour participer à l'encadrement des équipes de lutte anti-vectorielle. Le matériel commandé par la Dass est arrivé, tandis que celle-ci est en attente de produits, a-t-il également précisé. Antoine Perrin a quant à lui souligné le caractère "exceptionnel" de la maladie, jusque là connue surtout par les médecins grâce à la littérature. "Des formes nouvelles apparaissent et nous les découvrons au fur et à mesure", a-t-il avoué. "La méconnaissance de la maladie est un facteur d'inquiétude, mais le médecin doit avouer aux patients ce qu'il ne sait pas." Marie-Anne Sanquer, médecin inspecteur à la Dass de Mayotte, a ensuite retracé l'évolution du virus sur l'île dans le temps et dans l'espace. Le virus a d'abord "évolué de façon silencieuse à Koungou. Nous avons été informés grâce à un médecin de Boueni, dont une patiente, qui revenait de Trevani, chez sa sœur, lui a dit que là-bas tout le monde était malade", explique-t-elle. "Puis la maladie est allée à Mamoudzou et Petite Terre. Elle a passé Mamoudzou jusqu'au croisement de Tsararano et va, au nord, jusqu'à Acoua. A Koungou, le nombre de cas commence à diminuer tandis qu'à Mamoudzou il augmente." Une vingtaine de cas étaient encore enregistrés hier soir sur la capitale. La côte ouest, la plus pluvieuse et la plus densément peuplée, reste la plus touchée par le virus. La transmission mère / enfant possible Celui-ci affecte plus particulièrement les femmes en âge de procréer. Un sujet d'inquiétude de plus, puisqu'on a découvert qu'il peut être transmis par la mère à son enfant avant la naissance. Les médecins de la Réunion ont en effet fait état des connaissances actuelles accumulées dans le département français depuis la forte propagation de l'épidémie. Une quarantaine de cas de transmission mère-nouveau-né ont pour l'instant été prouvés. Au vu de l'expérience, la transmission est possible lorsque la mère est touchée par le virus dans les trois jours avant l'accouchement. La maladie se déclare chez le nourrisson, en général 3 à 5 jours après la naissance. Chez les enfants de moins de 6 mois, des symptômes inattendus et très douloureux pour les bébés se déclarent, notamment de gros problèmes dermatologiques ou d'impressionnants oedèmes aux mains et aux pieds. La majorité des cas de chikungunya chez les nourrissons nécessitent une hospitalisation et posent problème quant au traitement approprié. Les médecins ont également insisté sur la nécessité de pratiquer des diagnostics différenciés afin de ne pas passer à côté d'affections dissimulées derrière des symptômes proches de ceux du chikungunya. LG chikungunya 591 cas Le bilan du chikungunya à Mayotte a encore augmenté avec 591 cas déclarés, annoncés hier soir par la Dass. 19 ont été confirmés par des analyses.
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