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Un lourd passif |
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Ancien agent immobilier dans le sud de la France, celui qui était appelé 'le petit Tapie' chez lui, à Cassis", selon M. Rognoni, a déjà été condamné à trois reprises à de la prison : deux fois pour abus de confiance, une fois pour escroquerie, écopant respectivement de 3, 5 et 2 ans de prison ferme. Après ces condamnations, il part à Madagascar, où il est arrêté et extradé vers la France, où il accomplit sa peine. Lorsqu'il sort de prison, il retourne à Madagascar, où il rencontre sa femme, passe par l'île Maurice où il possède un compte en banque fort de 1,1 million d'euro, et atterrit à Mayotte en 2004…
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L'affaire remonte à la fin de l'année 2005 et au début de l'année 2006. Arrivé en 2004 à Mayotte fort d'un passé judiciaire chargé (lire ci-contre) et d'une somme d'1,1 million d'euros dans une banque mauricienne, cet ancien agent immobilier originaire du sud de la France avait d'abord tenté de racheter le restaurant L'Oasis, avant de gérer La Tortue Bigotu. Rapidement, il en fait un lieu recherché où se côtoient franc-maçons et gens "de la haute", et multiplie les connaissances… auxquelles il emprunte sans cesse. "La technique était toujours la même, celle qu'emploient tous les escrocs : Cataldo emprunte de l'argent qu'il rembourse, puis il en emprunte à nouveau, promet des intérêts qui n'ont rien à voir avec le marché, ne signe rien, et la victime ne revoit jamais la somme de ce deuxième prêt", a résumé à l'audience le procureur de la République Gilles Rognoni. Pour convaincre ses créanciers, l'homme affable et "sympathique" selon ses victimes, évoque un cabinet d'avocat, des connaissances importantes dont l'ancien footballeur Jean Tigana, des placements malins pour racheter des entreprises en faillite, des taux d'intérêt de 15 à 25%, et signe des chèques – tous en blanc - en guise d'assurance. Mais aucun contrat n'est signé. Il accumule les dettes. Quand les propriétaires de La Tortue Bigotu lui réclament leur dû, il retarde le paiement, jusqu'à éveiller les soupçons. Quand sa banque (la BFC) le lâche après lui avoir accordé un découvert de 200.000 euros, ses créanciers se réunissent et portent plainte. Cinquantenaire affable, homme "astucieux" et "intelligent" selon ses propres accusateurs, Pierre Cataldo a été "fidèle à lui-même" mercredi 8 octobre à la barre du Tribunal de première instance (TPI) de Mamoudzou, répondant du tac au tac au président, affrontant les avocats de ses accusateurs – il a notamment remis en cause l'éthique de Me Kamardine - et dénonçant "une collusion" mêlant francs-maçons, banquiers et magistrats. Pour l'un des avocats des parties civiles, Me Thani Mohamed, "il a fait son show, a eu l'attitude d'un escroc", a donc "facilité la tâche du tribunal" en confirmant que "ses victimes avaient pu succomber à ses astuces". Toutes, onze au total, lui ont prêté de l'argent en 2005 et 2006 – parfois des grosses sommes allant jusqu'à 50.000 euros – sur la base d'une amitié fragile et de promesses hasardeuses. "On avait sympathisé. Il m'a dit qu'il avait besoin d'argent, 20.000 euros, et m'a fait un chèque en guise de bonne foi. J'avais confiance. Et il m'avait promis que je serai remboursé au bout de quelques semaines avec un taux d'intérêt de 25%", affirme à la barre M. Goffoz. "Ma copine travaillait pour lui. Elle m'avait dit qu'il avait besoin d'argent. Il nous paraissait sympathique", explique M. Bonnet. "Il m'a parlé d'un cabinet d'avocats, de ses liens avec des personnalités. Il m'a promis des bénéfices au bout de deux mois grâce à un placement", ajoute M. Azad. En tout, ce sont près de 250.000 euros que l'ancien agent immobilier aurait volatilisé. A la barre, M. Cataldo reconnaît ses dettes – même s'il conteste les montants – mais nie avoir abusé de ses créanciers. Son avocate, Me Sylvie Prat, dénonce "la diabolisation" dont il a été l'objet, évoque le compte en banque mauricien, "sur lequel il comptait pour rembourser" ses créanciers, assure qu'il souhaitait "repartir d'un bon pied à Mayotte avec sa femme" rencontrée à Madagascar. Elle s'étonne également du soutien de la BFC, qui a accepté un découvert de 200.000 euros, "quand n'importe qui, en dessous de - 2.000 euros, se fait sanctionner". Elle stigmatise certaines des victimes "qui ont porté plainte avant que l'échéance fixée pour le remboursement ne soit atteinte". Selon elle, "cette affaire relève du civil, car ce sont des dettes. Il ne s'agit pas d'abus de confiance." Pour Me Thani, les créanciers "n'étaient pas de sa famille. Ils n'avaient aucun intérêt à lui prêter de telles sommes si ce n'est en gagnant de l'argent. Ils lui ont fait confiance. Ils ont été abusés." Me Kamardine décrit "quelqu'un d'assez retord qui s'y connaît parfaitement." Selon le procureur, "c'est un escroc qu'on a certes voulu diaboliser, mais qui est en état de récidive". M. Rognoni demande trois ans de prison ferme. Le juge Mancini rendra son verdict le 3 décembre. RC
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