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Pourtant, il y a trente ans, le 8 février 1976, les Mahorais étaient appelés à décider par un référendum local s'ils désiraient " le maintien de l'île dans la République française ". C'est avec une majorité digne des grandes heures de l'Union Soviétique (99,4% !) que le " OUI " l'emporta. On concocta alors un statut sur-mesures de " collectivité territoriale " à cette étrange petite île qui entrait dans l'histoire en étant la première (et la seule à ce jour) à préférer la colonisation à l'indépendance.. La loi adoptée le 22 décembre 1979 stipulera que "l'île de Mayotte fait partie de la République française et ne peut cesser d'y appartenir sans le consentement de sa population". Du protectorat au département Protectorat puis colonie française, l'archipel des Comores, devint territoire d'outre-mer en 1958. En 1974, à l'issue d'un premier référendum, les îles de Grande-Comore, d'Anjouan et de Mohéli optèrent pour l'indépendance à 95%, tandis que les habitants de Mayotte choisirent à plus de 60% de rester citoyens français. Le 6 juillet 1975, le président Ahmed Abdallah proclama unilatéralement à Moroni (Grande-Comore) l'indépendance des Comores "dans ses frontières coloniales", incluant les quatre îles. Cette décision unilatérale fut prise comme une provocation par le gouvernement français de l'époque qui hâtât le mouvement en organisant cette seconde consultation du 8 février 1976. Depuis cette date, les Comores indépendantes continuent de revendiquer l'appartenance de Mayotte aux Comores et l'incluent dans tous les textes législatifs, ainsi que sur le récent drapeau de l'Union. L'Ile aux Parfums restera " collectivité territoriale " jusqu'en 2000 où, pour tenir une promesse faite aux Mahorais par les gouvernements successifs, un nouveau référendum la dota du nouveau statut, tout aussi hybride, de " collectivité départementale ". Cette dernière consultation n'obtint "que " 73% de OUI. Etrangement, ce trentième anniversaire n'aura donné lieu à aucune manifestation ni commémoration sur l'île au Lagon. Oubli involontaire ou volonté d'oublier ? Peut-être simple souci de ne pas faire de vagues sur le lagon si calme à cette époque de l'année alors qu'on est en train d'essayer de refermer le débat sur les " bienfaits de la colonisation "… E.T.
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