|
"La maîtrise de la consommation d'énergie est une priorité qui s'impose d'elle-même. Quand vous avez une île qui a un éco-système aussi fragile, avec une très forte croissance démographique et une forte hausse de l'activité économique, préserver la flore et la faune est une question vitale." A en croire Ibrahim Aboubacar, conseiller général de Sada (PS) membre de la majorité, la maîtrise de la consommation d'énergie, et plus globalement le développement dit "durable", sont "au centre" de la politique du Conseil général de Mayotte. Il en veut pour preuve la récente adoption par les élus locaux et le Conseil d'Etat à Paris du Plan d'aménagement et de développement durable (PADD), et la signature, en mars 2007, du Contrat de projet 2008-2014, en partie consacré à la question environnementale. Il en veut pour preuve, également, la dynamique qui se met petit à petit en branle. "En juin prochain, la Collectivité départementale de Mayotte [CDM] délibèrera sur le plan d'action pluriannuel sur l'énergie. Il s'agira de mettre en place un label pour inciter les constructions de bâtiments à faible consommation d'énergie et créer un centre de documentation sur l'énergie". Un observatoire mahorais de l'énergie calqué sur le modèle réunionnais devrait également être créé d'ici la fin juin, afin "de réunir l'ensemble des acteurs" et de "réaliser des études" sur la consommation d'énergie. Partant du constat que la consommation d'électricité augmente considérablement à Mayotte (+15% en 2007, "la plus forte hausse dans l'ensemble de la France" selon le directeur d'Electricité de Mayotte), les responsables veulent aussi bien agir auprès des acteurs économiques que sur les habitudes quotidiennes des usagers. Un travail de sensibilisation dans les 17 communes de l'île a ainsi été mis à l'œuvre en 2007 par la direction de l'Environnement, qui a également favorisé la vente des ampoules à économie d'énergie ("un grand succès" selon Ibrahim Aboubacar, qui a vu 100.000 de ces ampoules venudes en quelques mois). Si l'année 2008 est "consacrée à la mise en place des outils d'action", affirme Mohamed Saïd, directeur de l'Environnement, elle marque également la volonté de rédiger une charte avec l'ensemble des acteurs économiques, notamment concernant les futurs bâtiments. "On peut, aujourd'hui, construire des bâtiments de manière à éviter la climatisation ensuite", explique un des responsables de l'association ARERE, créée à la Réunion pour mettre en œuvre la politique du Conseil Régional (dont l'ambition est d'arriver à l'autonomie énergétique en 2030). "Il faudra pour cela discuter avec les différents acteurs du BTP pour les convaincre d'adhérer à cette charte" dénommée Mayénergie et qui, selon M. Aboubacar, ne sera pas répressive. Elle devrait être discutée dans les jours prochains. VM
|