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Si le projet de barrage de La Parota est mené à bien, plusieurs milliers de personnes, principalement des cultivateurs et des personnes issues de communautés indigènes pauvres, risquent d'être déplacées.
L'État de Guerrero, où se situe La Parota, est l'une des régions les plus marginalisées et les moins développées du Mexique, avec une importante population indigène. Selon la Comisión Federal de Electricidad (CFE), la compagnie nationale d'électricité responsable du projet, seules 2981 personnes seraient déplacées à cause du barrage. Cependant, selon les estimations des organisations non gouvernementales (ONG), 25000 personnes vivant dans trois municipalités différentes seraient contraintes de quitter leurs terres, et 75000 autres subiraient des conséquences indirectes de la construction. D'après les partisans du projet, le barrage fournirait assez d'électricité pour satisfaire les besoins de l'est du Mexique aux heures de forte demande, réduisant ainsi considérablement les dépenses énergétiques du pays. Mais à quel prix ?
Les enjeux sont élevés et les émotions sont fortes, ce qui crée un climat de tension dans la région. Des dirigeants communautaires et des défenseurs des droits humains ont reçu des menaces et fait l'objet de manœuvres d'intimidation ; trois personnes ont été tuées lors de différends apparemment liés au projet de La Parota. Les militants locaux s'inquiètent également du fait que le processus de consultation des populations concernées ait été entaché d'irrégularités, ainsi que du manque d'informations précises, accessibles et impartiales. Aucune possibilité de participation véritable n'a été donnée à ces personnes.
La législation mexicaine ne garantit pas une protection appropriée contre les expulsions. La Loi agraire, qui régit la tenue des assemblées communautaires, ne prévoit aucune règle claire pour une réelle consultation des communautés affectées. Seules les personnes dont les noms figurent sur les padrones - listes officielles des personnes titulaires de droits de propriété foncière -peuvent voter lors des assemblées communautaires, ce qui exclut généralement les femmes et une grande partie des familles qui vivent et travaillent sur ces terres depuis des générations.
D'après la CFE et les autorités mexicaines, les communautés locales auraient été amplement consultées. Cependant, le Consejo de Ejidos y Comunidades Opositoras a la Presa La Parota, (CECOP, Conseil des propriétaires communautaires et des communautés opposés au barrage de La Parota) et des organisations locales ont estimé que le processus reposait sur "la manipulation… la fracture sociale, des offres trompeuses, un manque d'information et de consultation, des violations de la Loi agraire et des principes du droit, un usage excessif de la force, la criminalisation des opposants et des menaces de mort".
Le CECOP et l'ONG de défense des droits humains Centro de los Derechos Humanos de la Montaña "Tlachinollan" ont réussi à remettre en cause les fondements juridiques de l'approbation du projet par la communauté, et les travaux ont été suspendus. Mais les autorités semblent déterminées à surmonter tous les obstacles juridiques et à avancer rapidement dans la construction.
Le gouvernement mexicain et la CFE doivent veiller à ce que les droits humains soient respectés, protégés et concrétisés lors de la préparation et de la mise en œuvre du projet de La Parota.
Amnesty International les appelle à prendre des mesures immédiates afin de garantir : - la diffusion auprès des populations concernées d'informations précises et accessibles sur l'impact du barrage. - Ces informations doivent se présenter sous une forme qu'elles puissent comprendre et qui soit adaptée à leur culture ; - la possibilité, pour tous ceux dont les droits humains sont affectés par la construction du barrage, de vraiment participer aux décisions quant à l'organisation et à la mise en œuvre du projet ; - qu'aucun déplacement de population ne se traduise par des expulsions forcées ; - l'arrêt immédiat de toute manœuvre d'intimidation à l'encontre des dirigeants communautaires et des défenseurs des droits humains.
ICRA va envoyer une lettre aux autorités mexicaines pour soutenir cette action d'AI.
Vous pouvez vous aussi participer à cette action en vous rendant sur le site d'AI.
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