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"Le colonel Mohamed Bacar est arrivé à 15h00 locales (12h00 GMT) à
Mayotte mercredi à bord d'un bateau rapide. Il était accompagné d'une
dizaine de personnes, dont certaines armées", a indiqué cette source
sous couvert d'anonymat. Il est arrivé dans le sud de l'île et la communauté anjouanaise a immédiatement réagit en manifestant sa colère devant la présence du président auto-proclamé sur le sol français. Selon nos RFO, Mohamed Bacar a passé la nuit chez son frère,
installé de longue date sur l'île française. Un escadron de CRS encercle la maison, et des barrages ont été dressés sur la route pour empêcher des
manifestants anjouanais hostiles à Mohamed Bacar d'affluer. "M. Bacar est actuellement en zone de
rétention ainsi que les personnes qui l'accompagnaient. Ils ont tous
fait une demande d'asile politique en France suite aux évènements
intervenus à Anjouan", a précisé cette source. Une source
officielle française interrogée par l'AFP par téléphone à Mayotte a
confirmé mercredi soir sous couvert d'anonymat que "M. Bacar est arrivé
à Mayotte et a fait une demande d'asile". A Moroni, le ministre de la Défense, Mohamed Dossar, joint dans la
soirée par RFI, reconnaît qu'il a été informé par la France et attend
maintenant une note écrite. Plus tôt, M. Dossar avait émis des craintes quant à la possibilité que M. Bacar se soit enfui d'Anjouan vers Mayotte. Selon Mohamed Dossar, les Comores ont émis il y a une semaine des
mandats d'arrêt internationaux contre l'ex-homme fort d'Anjouan et
certains de ses proches. Le ministre dit espérer que la France en
tiendra compte. "Il
y a une semaine, des mandats d'arrêts internationaux ont été lancés
contre lui et ses principaux collaborateurs pour rébellion et
tortures", avait-il déclaré à l'AFP. "Nous en avons informé la
France au cas où ils tenteraient de se réfugier à Mayotte, mais nous
n'avons reçu aucune garantie", avait-il notamment précisé. L'ex-homme
fort d'Anjouan était activement recherché depuis le début mardi à
l'aube de l'opération "Démocratie aux Comores" lancée par l'armée
comorienne et les troupes mandatées par l'Union africaine (UA) pour
renverser les autorités jugées illégales d'Anjouan. La France a soutenu l'opération en transportant des troupes africaines jusqu'aux Comores. Le
gouvernement et l'UA reprochent à M. Bacar d'avoir maintenu
l'organisation du scrutin alors que l'Union en avait demandé le report
après des affrontements en mai 2007 entre l'armée comorienne et des
gendarmes fidèles à M. Bacar. Depuis, celui-ci a refusé d'organiser un
nouveau scrutin. "Nous avons une centaine de nos
gendarmes qui sont déployés à Anjouan pour rechercher les partisans de
Bacar et les arrêter ainsi que ses proches collaborateurs", avait-il
dit, ajoutant: "Nous avons l'intention de réintégrer dans l'armée et
dans la force de sécurité intérieure d'Anjouan, les éléments de la
Force de gendarmerie anjouanaise (FGA), ceux qui sont récupérables". "La
FGA était (...) une armée privée équipée d'armes de guerre, et vous ne
pouvez pas avoir deux armées dans un même pays", avait-il conclu. Jeudi matin, Mohamed Bacar se trouve à l'aéroport de Pamandzi dans l'attente d'une évacuation vers l'ile de la Réunion. Une centaine de manifestants de l'importante communauté anjouanaise vivant à Mayotte sont massés devant l'aéroport afin de protester contre "cette nouvelle ingérance de la France dans les affaires intérieures des Comores". Les forces de l'ordre les contiennent afin d'éviter "tout débordement". Avec AFP et RFI
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