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Si le directeur d'Al-watwan Mohamed Boudouri s'est dans un premier temps enflammé sur la victoire "éclatante" et "merveilleuse" du président, de l'armée et du peuple comorien tout entier, les éditorialistes du journal d'Etat ne cessent depuis de dresser les enjeux auxquels sera prochainement confronté le pays. Derrière le soulagement amené par le dénouement relativement paisible de l'intervention armée, les journalistes traduisent l'inquiétude générale : et si, alors que le pays semble avoir les cartes en main pour prendre un nouveau départ, il ratait ce rendez-vous crucial ? Ali Moindjie (1) rappelle ainsi que parmi les Anjouanais qui ont adhéré au séparatisme en 1997, "beaucoup étaient des citoyens ordinaires, lassés par la pauvreté et l'absence de perspectives, et qui avaient cru effectivement bien faire pour leur famille et leur descendance parce qu'ils en avaient assez d'être piétinés, spoliés, méprisés, volés (…) Les masses populaires sont capables d'accepter n'importe quoi pour espérer mettre fin à leur calvaire quotidien", poursuit le journaliste avant d'avertir : "Il reste à espérer que nos dirigeants ont assimilé ces leçons et qu'ils ont bien inscrit sur leur tablette que la préservation de l'unité et de l'intégrité nationale n'a de sens que si la nation se préoccupe de tous ses membres sur le même pied d'égalité. Si on remet sur le feu les vieilles recettes du chauvinisme et du favoritisme (…) alors d'autres Mohamed Bacar vont réapparaître inévitablement avec des idées et des armes, peut-être, encore plus redoutables. Pas forcément à Anjouan." Autre enjeu crucial : la réinsertion des membres de la Force de gendarmerie anjouanaise, parmi laquelle "la rébellion a sapé tout repère républicain", écrit Ahmed Ali Amir (1). Pour le journaliste, "cette réinsertion ne sera efficace que si les militaires qui se sont rendus coupables d'exactions sont jugés. Mais il existe surtout des centaines et des centaines de jeunes enrôlés dans ces forces et qui ont servi à mettre en pratique les sales besognes du colonel. Pour eux, la nation doit se préoccuper de leur apprendre un métier d'avenir rapidement et à leur trouver des débouchés rapidement". Il s'agit là, souligne-t-il, "d'une des conditions pour (…) priver à jamais les séparatistes, des éléments incontrôlés, éparpillés dans la nature, détenteurs d'armes, et prêts à les reprendre pour assouvir des ambitions et des intérêts qui les dépassent souvent". VM
(1) Al-watwan du mercredi 9 avril 2008
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