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Au contraire, la tendance la plus nette est la réussite des listes non idéologiques et sans étiquettes, et dont l'existence ne dépasse pas les frontières de la commune. Des listes qui sont en position, soit de l'emporter au second tour, comme à Chiconi, Dembéni, Kani-Kely, Koungou, Mtsangamouji et Pamandzi, soit de jouer les arbitres, comme à Acoua, Bandrélé, Bouéni, Dzaoudzi/Labattoir, Mtzamboro, Ouangani et Sada. Cette tendance confirme l'importance du vote de type clanique, qui reste très ancré notamment chez les anciens. D'ores et déjà, l'une de ces mouvances a réussi son pari : il s'agit de la liste "Ouvoimoja" qui, dans la commune de Chirongui, dépasse la barre des 50% et devance la liste UMP. Composée de nombreux jeunes de la commune et menée par Ahmedomar Dhoifhir, jeune directeur adjoint du Comité du tourisme, elle bat ainsi la liste du maire sortant. Il s'agit de la seule commune à connaître l'identité de sa future majorité. Pour les autres, il faudra attendre le second tour dimanche 16 mars.
Un tour qui s'annonce délicat pour quelques ténors de la politique mahoraise. A Mamoudzou, le chef-lieu, le maire sortant est dans une situation critique. Non investi par son parti, le MDM, malgré un bilan correct, Hassani Abdallah n'a recueilli que 16,35% des voix, soit le plus petit des scores des cinq listes en course. Dans cette commune-clef, l'UMP d'Abdourahmane Soilihi sort en tête avec 25,41%, juste devant l'Alliance menée par le 1er vice-président du Conseil général (également en lice pour les cantonales) Bacar Ali Boto, qui comptabilise 24,67% des suffrages. Cette dernière liste semble être en ballottage favorable. Autre personnalité menacée : Saïd Ahamadi dit Raos. Le maire de Koungou, président du Parti social mahorais, n'arrive qu'en deuxième position dans une commune que les observateurs lui croyaient acquise. Avec 31,35% des voix, il est 4 points derrière Ahmed Souffou, de l'"Union pour la majorité municipale", qui pourrait bénéficier du report des voix de l'UMP, arrivé en 3ème position. Une défaite de Raos, déjà battu aux législatives en 2007 et aux cantonales en 2004, marquerait un sérieux coup d'arrêt dans son ascension politique. Autre personnalité sulfureuse en danger après ce premier tour : le maire sortant de Labattoir, Issa Soulaïmana, bras droit d'Adrien Giraud (MDM), arrive en troisième position avec 24,75% des voix, derrière le MDM de Mohamadi Bacar M'colo (42,47%) et le Néma d'Assani Saindou (24,92%). Il risque donc de perdre son siège. Enfin, dernier des ténors en ballottage défavorable, Hamada Ali Hadhuri, le maire sortant (PS) de Bouéni, ne recueille que 13,5% des suffrages, loin derrière la liste MDM (40%). Dans les autres communes, le second tour opposera bien souvent trois voire quatre listes. Si c'est le flou total à Pamandzi, Chiconi et Kani-Kely, Bandrélé devrait sauf surprise réélire le maire sortant, Moussa Madi (UMP). A Sada, autre ville importante, l'UMP divisé au 1er tour devra s'unir pour conserver la mairie. Le maire sortant Ahamadi Dahalani, qui n'a pas reçu l'investiture de l'UMP, n'a recueilli que 14% : il jouera un rôle clef pour déterminer qui de l'UMP Abdillah Ali Abdillah (34,97%) ou du MDM Hamada Binali (34,18%) l'emportera. VM
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