Selon un témoin du drame, le bilan du dernier naufrage de kwassa connu entre Anjouan et Mayotte, intervenu samedi 12 avril au large de Papani, serait moins lourd que prévu.
Trois kwassa interceptés à Mayotte
La préfecture de Mayotte annonce avoir intercepté dans la nuit du mardi 15 avril deux embarcations de type kwassa au large des côtes mahoraises, entre 1 heure et 2 heures du matin. La première, pilotée par deux passeurs, transportait 29 passagers ; la seconde 38, plus deux passeurs. La veille, un autre kwassa avait été intercepté à l'intérieur du lagon à 17 heures. Il transportait 15 personnes dont deux passeurs, selon les autorités françaises.
Le bilan annoncé sur ce même site il y a deux jours faisait état de deux morts et une quarantaine de disparus. Un témoin qui a participé aux premières tentatives de secours des naufragés du kwassa parti samedi soir depuis la plage de Papani, au sud d'Anjouan, estime cependant que ce bilan doit être revu. Selon lui en effet, "de nombreux passagers de la vedette ont pu regagner la côte à la nage, car le kwassa a chaviré à moins de 200 mètres de la plage". Lui-même dit en avoir croisé sur la terre ferme, trempés. "Ils se faisaient discrets". Si d'habitude les rescapés se font connaître, là, "ils sont vite rentrés chez eux" de crainte, indique notre témoin, "de se faire arrêter par les troupes soudanaises". Positionnées dans la région pour sécuriser l'île depuis le débarquement le 25 mars dernier, ces dernières ont notamment pour mission d'empêcher les départs de kwassa à destination de Mayotte, affirme notre témoin. Les rescapés parmi la cinquantaine de passagers du kwassa seraient donc plus nombreux que prévu – combien ? nous l'ignorons. Le nombre de morts a par contre augmenté : il était mercredi 16 avril de cinq.