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L'actualité mahoraise |
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Négociations franco-comoriennes : « Mettre fin à 30 ans d’échec »
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Vendredi 19 Septembre 2008-
23:33:09 -
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Après deux jours de négociations à Mayotte, les membres des délégations française et comorienne ainsi que les élus mahorais sont parvenus à la signature d’un protocole d’accord dans le cadre du Groupe de travail de haut niveau (GTHN) franco-comorien, jeudi 18 septembre.
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Pour MM. Leysenne et Soulaimana, ce troisième round de négociations a été fructueux. |
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La question à l’ONU enlevée ? |
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Selon des membres de la délégation française présents à Mayotte dans le cadre du GTHN, la question de Mayotte inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU devrait être retirée dans les prochains jours. En 2007 déjà, la diplomatie comorienne l’avait retirée au dernier moment, avant que Ahmed Abdallah Sambi ne soit reçu à l’Elysée par Nicolas Sarkozy.
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Mamoudzou accueillait les 17 et 18 septembre le troisième round des négociations du GTHN, après Paris en juin et Moroni en juillet. « Nous avons poursuivi les travaux engagés autour de deux thèmes principaux : la circulation des biens et des personnes, et la coopération économique », a indiqué Philippe Leysenne, ambassadeur délégué à la coopération régionale dans l'océan Indien et chef de la délégation française, jeudi 18 septembre à la fin des travaux. Quatre chantiers sont d'ores et déjà actés par les trois parties : la réouverture d'une antenne consulaire française à Anjouan, qui remettra des visas et évitera ainsi aux Anjouanais désireux de se rendre à Mayotte de se déplacer à Moroni ; la concrétisation d'une action de formation professionnelle à l'initiative du vice-rectorat ; la mise en place d'échanges commerciaux, notamment au niveau agricole – qui demandera cependant une expérimentation et des assouplissements réglementaires de la part des autorités françaises ; et la signature d'un protocole d'accord sur les évacuations sanitaires des Comores indépendantes vers Mayotte. « Nous avons privilégié une démarche de gagnant-gagnant », a indiqué Mohamed Soulaimana, ambassadeur des Comores à Paris et chef de la délégation comorienne. « Toutes les îles de cet archipel doivent participer à un développement commun car nous sommes dans un cadre globalisé », a-t-il poursuivi. « L'avenir passe par de grands ensembles ». MM. Douchina, président du Conseil général de Mayotte, et Robin, préfet de Mayotte, ont également exprimé leur satisfaction. La route reste cependant semée d'embûches d'ici à la signature d'un accord, programmée pour la fin de l'année. De nombreuses divergences subsistent, comme sur la question délicate de la circulation des personnes. Les deux parties semblent sur ce point à des années-lumière l'une de l'autre. Si pour M. Soulaimana, « l'optimum sera une libre circulation » entre les quatre îles, pour M. Douchina, cette optique est inenvisageable. « Deux principes forts nous guident », tempère M. Leysenne. « Le premier est de faciliter la circulation légale, le deuxième est de dissuader les flux illégaux ». Dans cette perspective, un assouplissement des règles d'obtention du visa et une baisse des prix des transports sont à l'étude. On est encore loin de « la libre-circulation » telle que pratiquée dans l'Union européenne prônée par l'ambassadeur comorien. « Il y a cinquante ans, qui aurait pu affirmer en Europe que les Français et les Allemands n'auraient plus de formalités à faire pour traverser leurs frontières ? Qui aurait cru au fait que le bloc de l'Est n'aurait plus de frontières avec le bloc de l'Ouest ? » a-t-il lancé à la fin des travaux, provoquant la moue d'Ahmed Attoumani Douchina. Initié en septembre 2007 par les deux présidents français Nicolas Sarkozy et comorien Ahmed Abdallah Sambi lors de leur première rencontre à l'Elysée, le GTHN, qui intègre pour la première fois les élus mahorais, doit permettre d'aboutir à un accord bilatéral début 2009, que le président français viendra signer dans l'archipel. S'il n'est officiellement pas question côté comorien de remettre en cause l'appartenance de Mayotte à la France, il s'agit de renouer des liens basés sur le pragmatisme, a affirmé Philippe Leysenne. Avec une conception nouvelle semble-t-il partagée par les deux chefs d'Etat : « Regarder vers l'avenir et non plus vers le passé », comme l'a répété à plusieurs reprises Mohamed Soulaimana. « Après 30 ans d'échec, nous devons changer de manière de dialoguer. Nous devons arrêter de buter sur des histoires de drapeaux », a-t-il conclu. Pourtant deux jours plus tôt, M. Douchina avait réclamé en guise de préalable aux négociations à la délégation comorienne la reconnaissance de « Mayotte française » (lire article), alors que la question de Mayotte est à nouveau à l'ordre du jour de l'Assemblée générale de l'ONU (lire ci-contre). R.C.
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