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Un GTHN décrié |
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Plusieurs associations comoriennes réclamant le retour de Mayotte dans l'ensemble politique comorien ont critiqué ces derniers jours la participation des autorités comoriennes à ce qu'elles qualifient de "mascarade". Le GRDC, le Front démocratique et d'autres associations estiment que ces négociations bilatérales sont une "manœuvre" de la part de Paris pour amadouer les responsables politiques comoriens. "Nos autorités se sont rué dans ce groupe de travail, comme s'il s'agissait d'une récompense, d'un eldorado à rattraper... en réalité, elles se sont couchées devant ce simulacre de négociation !!", dénonçait mercredi 18 septembre un blogueur. Nombre de militants estiment qu'en acceptant de négocier avec les élus mahorais, ils reconnaissent de fait l'appartenance de Mayotte à la France.
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M. Douchina (UMP) a tenu, juste après le repas, un discours très direct dans lequel il a rappelé aux représentants comoriens arrivés quelques heures plus tôt à Mayotte la position du peuple mahorais : "Je veux vous signifier toute l'amitié, tout le respect que nous avons pour vous et pour le choix que vous avez fait. Mais Mayotte a fait son propre choix en 1975 et vous devez le respecter". La tension était palpable parmi les très nombreux convives de la soirée. Et cette tension monta encore d'un cran lorsque le président enfonça encore un peu plus le clou. "Si demain, les élus de Mayotte sentent qu'il y a une arrière pensée, nous ne continuerons pas les négociations, et nous partirons immédiatement". Justifiant ce langage "qui peut paraître brutal", Ahmed Attoumani Douchina a rappelé "la peur de la population en voyant que la question de Mayotte était de nouveau à l'ordre du jour à l'ONU" (lire l'article à ce sujet), mais aussi l'incident qui s'est déroulé à l'aéroport de Dzaoudzi il y a quelques semaines, lorsque trois dignitaires comoriens avaient refusé de descendre de l'avion pour se plier aux fouilles réglementaires. "Jamais, si nous allons chez vous, nous ne nous permettrons de ne pas respecter vos règles. Vous devez respecter les règles lorsque vous venez chez nous". La réponse du chef de la délégation comorienne, Lamartine, fut plus ambiguë. "Nous sommes là pour tenir aussi compte de l'Histoire. L'Europe est un bon exemple : bien des nations se sont séparées et se sont réunies aujourd'hui. (...) Des barrières sont dressées par les hommes. C'est aussi par les hommes qu'elles peuvent être enlevées". Suite aux discours, Mohamed Nafion, un autre membre de la délégation comorienne, estimait que "chacun a parlé avec son cœur des réalités du moment. Ces discours n'ouvrent aucun conflit, au contraire, ils appellent des négociations franches et sereines". La reconnaissance claire et nette de "Mayotte française" par les autorités comoriennes était annoncée par le Conseil général comme un préalable aux négociations du GTHN. Ce ne fut pas vraiment le cas. Le Groupe de travail de haut niveau (GTHN) respectera néanmoins le programme initial. "Ils ont leurs raisons de réclamer Mayotte", concédait l'un des membres du GTHN. "Mais ils doivent maintenant passer à autre chose. Mayotte est à nouveau à l'ordre du jour à l'ONU. La France va repousser cette question à l'année prochaine. Cela ne sert à rien, sauf d'un point de vue symbolique". Les premières réunions du GTHN devaient avoir lieu ce mercredi 17 septembre. Les négociations devaient commencer en se concentrant sur deux sujets principaux : la circulation des biens et des personnes et la coopération économique, pour laquelle une enveloppe budgétaire sera allouée à la préfecture afin de mener des actions précises. "Il faudrait au moins que nos cultivateurs puissent venir vendre leurs excédents à Mayotte" estime Mohamed Nafion, qui rappelle aussi qu'"à l'heure de la mondialisation, on voit bien que même les grandes nations sont obligées de se regrouper..." Une idée que partage certainement le président du Conseil général, qui a également rappelé au cours de la soirée que "Mayotte a compris qu'elle doit avoir toute sa place dans sa zone géopolitique. Nous coopérons déjà avec Madagascar, (...) je me suis déplacé à Maurice et aux Seychelles... Nous souhaitons avoir des relations de bon voisinage". NB
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