|
Plus de 10 000 familles sinistrées ont été évacuées vers des centres de
réinstallation des provinces centrales de Tete, Sofala et Zambézie, de crainte
d’une aggravation des inondations dans la vallée du fleuve Zambèze au cours des
prochaines 48 heures. Les fleuves du Mozambique sont alimentés par les
précipitations enregistrées en Zambie, au Zimbabwe et au Malawi.
Selon les informations fournies vendredi dernier par l’Agence de presse
mozambicaine (AIM), les inondations dans le bassin du Zambèze sont déjà plus
catastrophiques que celles qui ont ravagé la région en février 2007, et au
moins deux des centres de réinstallation de l’année dernière, situés à haute
altitude, dans le district de Mutarara, ont été évacués pendant le week-end.
Les dommages causés à deux canots de sauvetage, les problèmes de communication
radio, les pénuries alimentaires dans les camps de la province de Zambézie et
la distribution erronée de stocks de chlore utilisés pour le traitement de
l’eau, mais dont la date de péremption était dépassée, ont constitué autant
d’entraves aux opérations d’évacuation et de réinstallation en cours.
Depuis lors, le gouvernement provincial de Zambézie a distribué 10 tonnes de
maïs dans les camps sinistrés, mais les autorités n’ont pu affirmer avec
certitude que les stocks de chlore avaient été remplacés. Le Fonds des Nations
Unies pour l’enfance (UNICEF) a annoncé lundi qu’il collaborait avec les
autorités sanitaires nationales, la Croix-Rouge mozambicaine et des agences de
développement pour déployer son intervention en fonction de l’ampleur des
inondations et prévenir les épidémies de paludisme et de choléra.
L’UNICEF travaille également en partenariat avec Save the Children, une
organisation de défense des droits de l’enfant, et les autorités de l’éducation
nationale pour assurer la distribution de fournitures scolaires et de tentes en
prévision de l’année scolaire 2008, qui démarre à la fin du mois de janvier.
Selon l’agence onusienne, les inondations ont causé des dégâts dans 47 écoles
de la région. D’après les estimations des responsables de l’Institut national
de gestion des catastrophes (INGC), plus de 37 000 hectares de
terres cultivées ont également été perdus. Bien que le Programme alimentaire
mondial (PAM) distribue une aide alimentaire dans la région depuis les
inondations de 2007, la situation pourrait empirer, a déclaré Peter
Keller-Transburg, porte-parole de l’agence onusienne. « La nourriture s’est
épuisée, mais à ce stade nous travaillons essentiellement avec l’INGC pour
déterminer les zones les plus sinistrées », a-t-il affirmé. « Nous pensons que
la situation va empirer compte tenu du fait que les gens se déplacent et
perdent leurs réserves de nourriture et leurs récoltes ».
Selon un bulletin du Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine
(FEWS), la région centrale du Mozambique pourrait être confrontée à deux
situations : une répétition des inondations de l’année dernière, où les niveaux
d’eau les plus élevés s’étaient maintenus pendant une période relativement
courte de 15 jours, ou une répétition des inondations catastrophiques de 2001 -
à l’époque, les hautes eaux s’étaient maintenues pendant 45 jours.
Les responsables de l’INGC se sont en revanche montrés plus optimistes quant à
la situation dans les bassins des fleuves Buzi et Pungoe, situés dans la
province de Sofala (Centre), et le long du fleuve Limpopo, plus au sud : selon
eux, le niveau des eaux, dans ces régions, devrait rester stable au cours des
prochains jours.
(Irin News)
|