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Construit au cœur de la médina de la capitale anjouanaise, ce site historique figure parmi les principaux monuments que le Collectif du patrimoine des Comores, créé en 2006, souhaiterait voir classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Des architectes mandatés par l'association, dont la plupart des membres se trouvent en France, sont attendus d'ici la fin de la semaine à Moroni, d'où ils devraient sur rendre à Mutsamudu pour évaluer les dégâts et déterminer ce qu'il reste du palais. Edifié par le sultan Abdallah I (1771-1803), Ujumbe a connu plusieurs embellissements et modifications jusqu'au 19ème siècle. Le palais est particulièrement remarquable par les surfaces internes des murs qui sont festonnées de niches, les poutres en bois et les plafonds en coffres enluminés de calligraphies arabes islamiques de couleur rouge et noir, indique un rapport du collectif (http://www.patrimoinecomores.org). "Les fenêtres sont ornées de moucharabieh aux motifs finement festonnés assortis aux poutres. Ce palais, dont la superficie totale est de 850 m² sur deux niveaux servait dans sa partie supérieure à la réception des dignitaires", poursuit le rapport.
Dès le 19èmè siècle, le Palais devint le siège de négociations et de signature d'accords et de traités : reconnaissance de la présence française à Mayotte en 1846, traité de Paix inviolable et d'amitié entre le sultanat et les Etats-Unis en 1879, Convention de protection entre la France et le sultanat en 1886, traité de Protectorat définitif imposé par les autorités françaises en 1887, Décrets d'abolition de l'esclavage en 1889 et 1891… Après Abdallah 1er, les sultans d'Anjouan, depuis Allaoui Ier (1803-1822), jusqu'au dernier, Mohamed Sidi (1892-1909), ont occupé les lieux.
Livrée à l'abandon, la bâtisse ne fait aujourd'hui que subir le sort de nombreuses maisons de la médina qui s'effondrent les unes après les autres, ponctuant de trous béants et de tas de ruines le labyrinthe de la vieille ville. Cet effondrement n'a fait aucune victime. VM
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