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Bayrou, quant à lui, double la donne avec 25,67% des voix contre 12,3% en 2002. Avec 27.93%, Ségolène Royal a fait oublié le petit 18.8% de Jospin en 2002. A Mayotte, comme sur le reste du territoire, ce sont les petits candidats qui ont payé l’addition du syndrome du 21 avril. On ne s’étonnera pas que Nihous ne fasse que 0.79%, juste devant Gérard SCHIVARDI et ses 0.54% : chasse, pêche et traditions, cela ne veut pas dire grand-chose à Mayotte où ces « traditions » semblent bien exotiques ! La Gauche Antilibérale regroupe malgré tout près de 9,65% des voix sur ses 5 candidats (Besancenot, Bové, Voynet, Buffet et Laguiller) alors que le discours altermondialiste ou antilibérale n'a que peu d'écho chez les mahorais. A noter le « bon » score de Le Pen qui, en passant de 2,5% à 4,22%, est aussi à contre-courant du mouvement de fort repli sur le reste du territoire. Si l’on joue au jeu des pronostics pour le second tour, on obtient 38,12% pour l’ensemble de la gauche, 36.21% pour l’ensemble de la droite et l’extrême droite (où il n’est pas du tout certain que le report de voix se fasse entre Le Pen et Sarkozy. Ici également, l’incertitude reste dans l’attitude des électeurs de François Bayrou. Si l’on considère qu’ils seront également répartis entre les deux camps (ce que nombre d’observateurs utilisent comme postulat), l’UMP mahoraise n’est pas dans une posture très confortable, puisqu’on arrive à 50.995% de voix pour la Gauche contre 49.045% pour la droite.
Vainqueur : l’abstention, une fois de plus
Mais le candidat vainqueur dès le premier tour de cette élection présidentielle à Mayotte, reste l’abstention : alors que toute la France affiche un taux de participation record, Mayotte est le département où l’on aura la moins voté avec seulement 46,19% de votants, soit 29.819 électeurs. Les scrutins nationaux, même particulièrement médiatisés et relayés sur place, ne parviennent toujours pas à mobiliser les mahorais : ces gens, qui ne viennent sur leur île qu’à l’annonce d’une élection, sont bien loin de leurs préoccupations. Peut-être aussi, l’électorat de Mayotte a bien conscience que la politique locale ne peut se faire efficacement qu’au niveau local et réserve ses efforts pour les toutes proches législatives… avec un UMP affaibli et un PS renforcé : l’écart est plus faible entre les deux candidats à Mayotte que pour l’ensemble du pays.
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