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L’affaire avait pourtant défrayé la chronique en 1999. Suite à un audit,
la Société
immobilière de Mayotte (Sim) signale cette année-là au parquet de Mamoudzou une
série d’anomalies dans la gestion de la Musada, l’une de ses filiales chargée de
l'approvisionnement en matériaux de construction. Mais rapidement,
la Sim est à son
tour accusée d'avoir financé les largesses des dirigeants de la Musada, largesses dont
auraient bénéficié les plus hauts dirigeants politiques de l'île. Peu après le
début de perquisitions, le directeur de la Sim, René Quaranta, se tire une balle dans la
tête. Sa femme accuse les médias "de l'avoir poussé au suicide" ; deux
journalistes seront poursuivis pour diffamation avant d'obtenir un non-lieu.
Si le jugement a été reporté au 7 mai, on peut d'ores et déjà affirmer,
comme l'a fait l'avocat Jean-François Hory à la sortie de l'audience mercredi 13
février, que "la montagne a accouché d'une souris". Par manque de témoins,
d'abord : le député Henry Jean-Baptiste, alors président de la Sim, n’est plus à Mayotte,
tandis que la plupart des élus qui s’approvisionnaient à la Musada et dont les noms
figuraient sur la liste des créanciers sont à la retraite ou sont décédés. La
légèreté des peines proposées a également surpris l'assistance. Le procureur de
la
République, Marc Brisset-Foucault, a requis trois mois
d’emprisonnement avec sursis, ainsi que l’interdiction d’exercer à un poste de
gérant pour dix ans, contre Franck Daumas, directeur de la Musada au moment des faits,
accusé d'"abus de biens sociaux", de "banqueroute" et d'"emploi de moyens
ruineux pour se procurer des fonds". La Société immobilière de Mayotte (Sim), actionnaire
majoritaire de la
Musada lors du scandale, est quant à elle poursuivie pour "complicité du
délit de banqueroute par fourniture de moyen frauduleux" et pour "recel de fonds
provenant d'un délit de biens sociaux". Le Parquet a toutefois demandé la
relaxe, assortie de 5.000 euros d'amende en guise de sanction symbolique. Le
procureur a par ailleurs regretté publiquement que l'instruction n'ait pas
retenu l'implication de nombreux protagonistes, en particulier la banque BFCOI,
qu'il considère comme en partie responsable de la débâcle de la Musada, rachetée pour un
franc symbolique par le groupe Sodifram, en 1999, alors qu'elle présentait un
passif de 6 millions d'euros…
VM
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