|
Ce rapport présente les cas de 1172 défenseurs des droits de l’Homme1 ainsi que les entraves à la liberté d’association dans près de 90 pays2. “L’obstination du témoignage”, selon la formule d’Albert Camus, illustre de façon exemplaire l’attitude de ces hommes et de ces femmes qui, malgré les risques qu’ils encourent, persistent à dénoncer les violations dont ils sont témoins, dans l’espoir d’un monde plus juste et respectueux des libertés fondamentales. En 2005, les défenseurs des droits de l’Homme ont continué d’être confrontés à un contexte national et international dominé par la multiplication de mesures exceptionnelles au nom de la lutte anti-terroriste, l’échec de processus de transition démocratique dans de nombreux pays, a persistance de conflits et de graves violations du droit international humanitaire (attentats, viols, actes de torture, massacres, etc.), la résurgence des extrémismes religieux et de l’intolérance, l’accroissement des inégalités dues aux dérives de la mondialisation, etc. Même si la légitimité de leur action est de plus en plus reconnue par la communauté internationale, la répression à leur encontre se poursuit, voire s’intensifie, les techniques répressives s’universalisent, et ce dans la plus grande impunité. De nombreux défenseurs ont été victimes d’actes particulièrement violents. Ainsi, l’Observatoire recense dans son rapport : - 117 cas d’assassinats ou de tentatives d’assassinat - 92 cas de mauvais traitements ou de torture - 56 agressions physiques - 142 menaces de mort En Afrique En 2005, la situation des défenseurs des droits de l’Homme sur le continent africain s’est encore détériorée, alors même que les Nations unies et la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP), reconnaissant “l’importante contribution des défenseurs des droits de l’Homme dans la promotion des droits de l’Homme, la démocratie et la primauté du droit en Afrique 1”, ont exigé des États africains qu’ils garantissent aux défenseurs leurs droits les plus fondamentaux. La situation s’est tout particulièrement aggravée cette année en République démocratique du Congo (RDC), en Éthiopie, au Soudan ou encore au Togo ; elle reste par ailleurs extrêmement préoccupante au Zimbabwe. |