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Reconstruire le Rova de Manjakamiadana à n’importe quel prix. Ce dernier est maintenant connu et va atteindre les 7 millions de dollars, juste pour la contribution des nationaux. Le président Ravalomanana a fait de la construction du palais de la reine, qui a été détruit par les feux le 06 novembre 1995, un challenge particulier pour lequel il a sollicité la collaboration des citoyens. Après les entreprises et de nombreux particuliers, les ministères ont mis la main à la poche. Cet élan de solidarité contraste avec un scepticisme sur le caractère urgent et primordial d’un projet coûteux. Dix années après le drame, le Rova de Manjakamiadana pourrait enfin renaître de ses cendres. Sa reconstruction fait partie de ces promesses difficiles à tenir par les pouvoirs politiques. La tâche des bureaux d'étude, l'architecture et les différentes conceptions qui ont déjà commencé depuis longtemps n’ont pas fait suite à des travaux sur le grand palais de Manjakamiadana. Ce patrimoine reconnu jadis par l’Unesco n’a pas bénéficié des moyens de financements nécessaires pour lancer les grands travaux. Les bailleurs de fonds de Madagascar n’ont pas manifesté un grand intérêt pour la reconstruction de cet édifice qui a symbolisé la souveraineté de la grande île. Le projet n’a pourtant pas été enterré. D’ici un an, les grosses œuvres, comme la fondation, la superstructure, la charpente et la couverture, vont être entamées. Le palais de la reine devra garder sa forme et sa structure. Pour commencer cette nouvelle phase de la reconstruction du Rova, un culte œcuménique s’impose. C’est dans la foi que le Président Ravalomanana a affirmé sa conviction pour la renaissance du palais de la reine et de son histoire. Il a parlé de grands travaux de construction qui sont possibles comme la construction de routes et d’écoles. Le président en fait même un défi personnel et affirme qu’il va « assumer la pleine et entière responsabilité ». Il a fait de la reconstruction du Rova une cause nationale et n’a pas manqué de sensibiliser l’opinion dans les provinces lors de ses tournées. « Il faut que nous nous donnions la main, car nous sommes d’abord les premiers concernés », devait déclarer le président lors du culte qui s’est tenu à Andohalo. Marc Ravalomanana ne désespère pas pour ce qui est de la participation des bailleurs de fonds. Justement, tous les regards se tourne vers la Banque Mondiale. Le directeur des Opérations, James Bond, a confirmé l’inexistence de ligne de crédit pour le Rova. Lui-même très sensible au projet, il a promis d’en discuter avec les responsables à Washington pour voir comment la Banque pourrait participer au projet. « Le Rova est un patrimoine national » ! Si le président insiste la-dessus c’est que nombreux sont ceux qui associent le palais de la reine à l’histoire et à la culture de l’Imerina. Les opposants au caractère prioritaire de la reconstruction affirment que des ruines peuvent constituer un patrimoine. « Qu’est ce que la reconstruction du Palais d’Andafiavaratra nous a apporté ? », murmure-t-on. En dix ans, on n’a pas craint que les murs de Manjakamiadana puissent s’écrouler. On a même l’impression qu’ils sont éternels. Autant les restaurer. En tout cas, s’il réussit son pari, le président Ravalomanana risque d’entrer dans l’histoire… du Rova.
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