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Le ministre de la Justice satisfait |
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Interrogé par Le Quotidien de la Réunion samedi, le ministre de la Justice de l’Union des Comores, Mourad Saïd Ibrahim, s’est ouvertement réjoui de la décision du gouvernement français de placer Mohamed Bacar et 21 membres de son ancienne garde rapprochée en état d’"arrestation provisoire aux fins d’extradition" (lire article précédent). "Cette décision va dans le sens du dialogue franco-comorien. Notre gouvernement a désormais un mois pour transmettre à la France les demandes d’extradition", a-t-il indiqué. Une série de mandats d’arrêt internationaux ont été transmis aux autorités françaises, rapporte le quotidien réunionnais. Si la France et les Comores n’ont pas signé d’accord d’extradition, les deux pays ont déjà coopéré sur le plan judiciaire. Concernant la peine de mort, "il est encore trop tôt" pour parler des garanties demandées par la France aux Comores afin que la sentence ne soit pas appliquée à l’ancien dirigeant anjouanais et à ses militaires, en cas d’extradition, a affirmé M. Mourad. "Pour Mohamed Bacar, la question ne se pose pas, souligne le ministre de la Justice. Car les faits qui lui sont reprochés ne lui font pas encourir la peine capitale mais une peine de prison allant jusqu’à perpétuité."
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"Il y a un peu plus de dix ans, quelqu’un a annoncé au monde, au nom de tous les Anjouanais, qu’il a rompu d’avec la République des Comores. Aujourd’hui, j’annonce au nom de vous tous, Anjouanais, que le séparatisme est mort". Telles ont été parmi les premiers mots du président de l'Union des Comores, Ahmed Abdallah Sambi, samedi 5 avril, lors de son retour très attendu à Mutsamudu. Cela faisait un an que Sambi, originaire de Mutsamudu, n'avait pas posé sur le sol anjouanais. Moins de deux semaines après le débarquement et de retour du Sommet de la Ligue arabe, il a ainsi mis fin à un exil forcé quelque peu insolite, qui avait débuté lorsque des gendarmes anjouanais aux ordres de Mohamed Bacar avaient empêché son avion d'atterrir le 2 mai 2007, en pleine campagne électorale. Accueilli en "libérateur" sur l'île qui l'avait élu en tête lors du scrutin présidentiel de 2006 –l'aéroport de Ouani avait été pris d'assaut par des milliers d'Anjouanais dès l'aube- le président Sambi a répété à plusieurs reprises lors d'un meeting au stade Missiri –plein à craquer- : "Le séparatisme est mort", avant d'ajouter : "Les rebelles sont partis, certains en prison à La Réunion, d’autres aux Comores grâce à vous, à notre armée et aux forces de la coalition. Je vous en félicite". "Je sais combien vous avez souffert ; vous avez été torturés. Je vous appelle à faire confiance en la justice. Nul n’a le droit de se faire justice. Gardez-vous des règlements de comptes !", a lancé le chef de l’Etat comorien dans un élan lyrique. Il a ensuite exhorté la communauté internationale à faire renvoyer aux Comores Mohamed Bacar, pour qu'il soit jugé "pour tous les torts qu’il a causés à la nation comorienne et à la population anjouanaise". "J’espère que Mohamed Bacar ne sera pas la cause de brouille entre la France et les Comores unies par des relations de confiance et d’amitié. Le cas de Mohamed Bacar ne doit pas mettre en danger l’entente entre les Comores et la France", a-t-il ajouté, convaincu que "la patrie des droits de l’homme ne protégera pas un homme qui a fait tout ce que l’on sait à son pays". "Ce que les Comoriens n’accepteront pas, c’est que Mohamed Bacar ne soit pas jugé", a-t-il conclu sur ce sujet, évoquant une nouvelle fois la possibilité qu’il soit traduit devant la Cour pénale internationale (CPI de La Haye), faute d’un procès aux Comores. Le président Sambi a par la suite rendu hommage aux dirigeants des pays qui ont fourni des troupes pour former la coalition de libération de l'île d'Anjouan (Tanzanie, Soudan, pour les hommes ; la Libye pour son apport matéri el et financier et le Sénégal pour la planification militaire). Il s’est dit reconnaissant à l'égard du Maroc, de la France et des Etats-Unis, pour les apports importants et "désintéressés" pour la restauration de la légalité dans l’île d’Anjouan. Il a toutefois averti qu’après la libération d’Anjouan, le vrai combat doit commencer : la remise "du pays sur les rails du développement", annonçant ainsi la convocation par la Ligue des Etats arabes, en octobre prochain au Qatar, d’une conférence de solidarité pour le développement des Comores. Dans les principales artères de Moroni et de Mutsamudu, des posters géants du président Sambi sont accrochés aux murs, mais aussi des photos de Mouammar Kaddafi, de Abdoulaye Wade, d’Omar El-Bachir ou encore de Jakaya Kikwete. VM (avec Panapress et AFP)
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