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La CRC dénonce "une situation préoccupante" |
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La Convention pour le Renouveau des Comores (CRC), le parti de l'ex-président Azali, a signé un pamphlet contre le pouvoir actuel de l'Union. "A mi-mandat du régime Sambi, force est de constater que la situation économique s'est détériorée, la situation sociale est devenue très préoccupante, la situation politique et diplomatique est confuse", dénonce le parti. Sur le plan économique, la CRC constate l'échec du président actuel en matière de pouvoir d'achat. "Durant les deux premières années du mandat du Président Sambi, les prix des produits de première nécessité et des matériaux de construction ont connu des hausses vertigineuses", relève le document. Concernant le projet habitat, il ne "pourra pas être réalisable dans les conditions actuelles", estime la CRC. Quant à la Justice, elle est devenue "un instrument du pouvoir exécutif".
"Et pourtant", poursuit le texte dans un tableau idyllique de l'œuvre d'Azali, "Sambi a hérité de son Prédécesseur des atouts que n'ont pas bénéficié nos chefs d'Etat dans le passé : un pays crédible qui a retrouvé la stabilité politique et économique ; un pays réconcilié avec des institutions certes complexes mais qui fonctionnent, une démocratie enracinée ayant permis au Président Sambi d'être élu ; un pays sur la voie du progrès économique et social ; des grands investissements ayant permis aujourd'hui au régime Sambi de mieux respirer". Une vision partisane loin de représenter le bilan bien plus mitigé d'Azali. |
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Dans un discours bilan de près d’une heure télévisé et radiodiffusé, le président de l'Union des Comores, élu en mai 2006 avec une large majorité (plus de 55%) devant Ibrahim Halidi et Mohamed Djaanfari, a passé en revue les réalisations de ses deux années d’exercice du pouvoir ainsi que les principaux résultats de son action à la tête de l’Etat. Sambi s’est tout d'abord réjoui de l’effacement de la dette du pays envers la Banque Africaine de Développement (BAD), qui est selon lui "le résultat d'une action efficace, menée au niveau des finances publiques et auprès des partenaires au développement des Comores". Il s'est également félicité "de l’avancement" du projet habitat et d’autres projets en cours d’exécution "que la population constate d’elle-même" – même si les critiques pleuvent quant à cet "avancement" que certains jugent très en retard. Le président de la République a ensuite fait un constat sans concession des dysfonctionnements de la fonction publique, qu’il juge "pléthorique et budgétivore" : "Il est inacceptable, que sur les 20 milliards de recettes enregistrées par l’Etat en 2007, 15 milliards soient consacrés au paiement des salaires des fonctionnaires", a-t-il dénoncé, avant d'affirmer qu'une partie des salaires des fonctionnaires servirait dorénavant à développer le secteur privé (voir l'article Sambi veut relancer le secteur privé). Pour Sambi, les superstructures de l’Union des Comores pèsent trop lourdement sur la marche du pays. Les "quatre présidents, quatre gouvernements, quatre parlements" ainsi que leurs fonctions politiques, "trop cher payées mais souvent improductives" selon lui, sont des "anomalies" qui "paralysent l’action de l’Etat qui s’avère incapable d’assurer efficacement ses fonctions ou d’investir sur des projets sociaux profitables à toute la population et appuyer les initiatives privées". Sambi n'a cependant pas évoqué la remise en cause de la Constitution de l'Union des Comores à l'origine de ces "dysfonctionnements". Avant de conclure, le président comorien a évidemment parlé du principal succès de ses deux premières années de pouvoir : la "libération" d'Anjouan, qu'il a d'ailleurs situé comme "un fait majeur" de cette période. "J’ai réussi à faire échouer le projet fomenté par certains, de séparer de l’île d’Anjouan, à l’instar de Mayotte, du reste du pays", s'est-il auto-congratulé. Il a en outre exprimé sa "fierté" d’avoir redonné au pays "une meilleure image et la crédibilité qui lui a longtemps manquée" sur la scène internationale, faisant allusion au réchauffement diplomatique avec la France, et au rapprochement avec les Etats-Unis, ainsi qu'avec l'Iran et la Libye. Cette allocution n'a cependant pas fait taire les critiques, nombreuses en Grande-Comore comme à Mohéli et Anjouan. Nombre de politiciens reprochent au président son manque de vision politique et lui prêtent des ambitions autocratiques et islamistes. La CRC, le parti du prédécesseur de Sambi, Azali Assoumani, s'est pour sa part fendu d'un communiqué très critique envers son action sociale (lire encadré). A Anjouan, des candidats critiquent son parti pris en faveur de l'un des cinq candidats à la prochaine élection présidentielle insulaire. Malgré tout, Sambi conserve une bonne cote de popularité au sein de la population. VM |