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Presque dans les mêmes conditions qu'à son arrivée à Ngazidja, Sambi a une fois de plus impressionné par le nombre de personnes qui ont fait le déplacement au stade Ajao. Sur des camions, sur des arbres ou sur les toits, tous les moyens sont bons pour écouter celui qui se présente comme le favori, une dernière fois avant la fermeture de la campagne. Et comme d'habitude, les organisateurs ont vite été débordés. La scène a été envahie par des personnalités de tout bord. Le protocole a eu toutes les difficultés du monde pour faire venir le leader. C'est dans une bousculade énorme qui a dépassé les services de sécurité que l'enfant de Mutsamudu a accédé à la tribune. Devant ces centaines d'individus, les orateurs ne parlent pas de programme. La journée est réservée à un bilan et aux remerciements. Mais rapidement, les intervenants affichent leur inquiétude quant aux tentatives de fraude. "Nous savons très bien qu'ils sont en train de préparer la fraude électorale. Mais croyez moi, nous n'allons pas les laisser faire. Nous allons faire comme nos voisins malgaches ou les Ukrainiens pour réclamer notre victoire dans la rue et par la force. Ils faut qu'on soit nombreux dans cette même place le lundi pour célébrer la victoire", annonce Razida, ancien président du mouvement étudiant et qui a parlé au nom de la jeunesse. Quoi que la peur de la fraude subsiste, les hommes du théologien semblent très confiants. Ils considèrent "le scrutin du dimanche comme une formalité car la victoire est déjà acquise avec cette foule".
"Un choix du Tout Puissant"
Et de se gausser des efforts de mobilisation du pouvoir : "Il y a une photocopieuse de 20 millions qui est tombée en panne. Le pouvoir a voulu photocopier l'arrivée de Sambi mais le plan est tombé dans l'eau. Les 20 millions qu'ils ont investis n'ont pas payé car personne ne veut d'eux et la pluie est venue faire le reste", ironise Kamar Zamane, celui qui fut le vice-président de Caabi dans les primaires. Les intervenants passent sans grand intérêt de la part du public. Tout le monde attend avec impatience le "Fundi". Il suffit que l'animateur annonce son nom pour que toute l'assistance abandonne les chaises pour se mettre debout. Dans un silence total, comme dans une école coranique, Sambi prend la parole. "A travers votre déplacement en masse, j'ai compris votre message. Je sais que vous êtes fatigués. Mais ne vous inquiétez car désormais vous avez un avocat. En parlant d'avocat justement, je dirai à ceux qui gaspillent de l'argent pour acheter des voix, d'arrêter et d'en garder. Ils en auront besoin prochainement pour payer les honoraires des avocats. Parce que la justice va s'abattre sur ceux qui ont détourné l'argent de l'Etat", martèle t-il. Et comme d'habitude, il fait référence à Dieu pour argumenter ses déclarations. "Votre présence dans cette place est un choix du Tout Puissant. La pluie qui s'est abattue sur cette place la semaine dernière est un message fort. Le climat clément qui règne aujourd'hui témoigne que Dieu ne veut plus d'eux", déclare Sambi. La veille, il jouait au basket devant un stade comble… Une stratégie de communication hors pair.
Ahmed Abdallah |