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PARIS (AP) -- Nicolas Sarkozy a estimé jeudi qu'il fallait appliquer différemment les lois sur l'immigration en Guyane et à Mayotte, sans se prononcer directement sur la question de la remise en cause du droit du sol.
La situation à Mayotte, où un tiers des habitants seraient des clandestins venus des Comores, est "explosive", a déclaré le ministre de l'Intérieur sur France-2. "Elle ne peut plus durer." Nicolas Sarkozy a donc estimé qu'on ne pouvait "pas continuer avec exactement la même législation dans un territoire comme la Guyane, comme Mayotte".
Le ministre de l'Intérieur n'est pas allé jusqu'à proposer une remise en cause du droit du sol dans ces territoires, comme l'a fait récemment son collègue chargé de l'Outre-mer François Baroin, mais il ne l'a pas désavouée. "Nous ne devons pas craindre de poser des débats forts, sans tabous", a dit Nicolas Sarkozy.
"Je ne sais pas s'il faut revenir sur le droit du sol ou pas. Je dis simplement qu'on ne fait pas appliquer une législation de la même façon lorsqu'on est aux portes des Comores qu'ailleurs", a souligné le ministre de l'Intérieur.
Plus largement, Nicolas Sarkozy a de nouveau marqué sa volonté d'augmenter "considérablement" les reconduites à la frontière sur l'ensemble du territoire. "Quelqu'un qui n'a pas de papiers n'a pas vocation à rester sur le territoire national", a-t-il dit, en précisant que 32 consulats français seraient équipés des nouveaux systèmes de biométrie en 2006.
Le ministre de l'Intérieur se rendra lundi à Calais pour un déplacement sur le thème de la lutte contre l'immigration clandestine.
Celle-ci a fait l'objet ces derniers jours d'une âpre concurrence entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin. Le Premier ministre s'est rendu lundi à Barcelone pour évoquer le sujet avec le gouvernement espagnol en l'absence de M. Sarkozy. "Il y a dû y avoir un malentendu. Je suis sûr que cela ne se reproduira plus", a voulu croire le ministre de l'Intérieur. AP |