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Malgré la résistance des Pays les moins développés (PMD), le Fonds d'adaptation
sera dirigé par le Fonds pour l'environnement mondial (FEM), un organisme de
financement international composé de 178 membres, qui aide les pays en voie de
développement à financer divers projets et programmes pour la protection de
l'environnement mondial.
Selon Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la
Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC), les
décisions du Fonds d'adaptation seront prises par un comité représentatif de 16
membres, choisis au sein de divers groupements régionaux.
La direction
du fonds a été l'un des principaux points de désaccord entre les pays développés
et les pays en voie de développement au cours de la conférence sur le changement
climatique. Antonio Hill, conseiller en politiques sur le changement climatique
auprès de l'organisation d'aide au développement britannique Oxfam, a expliqué
ainsi les objections des pays en voie de développement : « Le [FEM] fonctionne
selon le principe "un dollar, une voix" - comme la Banque mondiale, où les pays
développés sont aux commandes ».
« Les PMD sont extrêmement bouleversés
[par cette décision] : nous [les PMD] aurions souhaité obtenir une
représentation d'au moins 50 pour cent au sein du comité - ce devrait être à
nous de décider quoi faire avec notre argent, dont nous avons besoin tout de
suite », a commenté Nasimul Haque, expert en communication de la cellule sur le
changement climatique du Programme de gestion complète des catastrophes, au
Bangladesh.
M. Haque a accusé le FEM d'avoir déjà, par le passé, traîné
les pieds pour verser les fonds demandés par les PMD. « Le Bangladesh ainsi que
d'autres PMD, tels que le Kenya, souffrent chaque année d'événements étroitement
liés au climat ; les pays développés doivent prendre conscience de l'urgence de
la situation ».
Le Bangladesh occupe le rôle de secrétariat des PMD.
« Le FEM, qui dirige également le Fonds pour les pays les moins
développés (FPMD), gère les subventions accordées comme toute autre organisation
gèrerait des dons. Ce qu'il doit comprendre, c'est que les subventions que les
bailleurs s'engagent à verser au fonds nous reviennent de droit [aux PMD] ; nous
payons le prix du luxe que s'offrent les citoyens des pays développés », a
déclaré M. Haque.
A ce jour, les émissions de dioxyde de carbone
s'élèvent à environ 1 100 tonnes par habitant en Grande-Bretagne et en Amérique,
contre 0,14 tonne par habitant - l'un des taux les plus faibles du monde - au
Bangladesh.
De l'argent, tout de suite Le Fonds
d'adaptation sera abondé par le prélèvement d'une taxe d'environ deux pour cent
sur les crédits accordés par le Mécanisme pour un développement propre (MDP),
créé en vertu du protocole de Kyoto ; le protocole de Kyoto, adopté en 1997, est
un engagement pris par 36 pays industrialisés en vue de réduire leurs émissions
à effet de serre d'au moins cinq pour cent par rapport aux émissions de 1990.
La première phase d'engagement du protocole s'achève en 2012, et la
négociation d'un nouvel accord, après Kyoto, fait actuellement l'objet de
négociations dans le cadre de la conférence de Bali. Le MDP permet aux pays
industrialisés de gagner (et d'échanger) des crédits de réduction des émissions
en mettant en place divers projets dans d'autres pays développés ou dans des
pays en voie de développement, et d'utiliser ces crédits pour atteindre leur
objectif en matière de réduction des gaz à effet de serre.
Selon les
estimations de la CCNUCC, le fonds récoltera jusqu'à 300 millions de dollars par
an d'ici à 2030, en fonction de la demande sur le marché du carbone, mais cette
somme reste trop modeste pour permettre un réel changement. Les PMD et les
autres pays en voie de développement étaient également disposés à participer aux
efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. « Mais nous ne
disposons pas de la technologie nécessaire pour le faire », a observé M. Haque.
Le transfert des technologies propres a également fait l'objet d'un
désaccord au cours des négociations de Bali sur le changement climatique. «
Aucune entente n'a été conclue concernant le financement [du transfert] - nous
n'avons pas les moyens d'acheter les brevets de technologie que les pays
développés veulent qu'on se procure », a-t-il ajouté.
Outre le manque
global de financement, certaines organisations non-gouvernementales (ONG) telles
qu'Oxfam ont également mentionné divers problèmes rencontrés par les pays
pauvres qui cherchent à obtenir des subventions auprès du FPMD, l'un des deux
fonds créés par la CCNUCC pour aider les pays pauvres à s'adapter au
réchauffement climatique.
Sur les 163 millions de dollars promis au
PMDF, environ la moitié - 67 millions de dollars - a été versée, mais moins de
10 millions de dollars ont été redistribués.
« Rien que cette année, les
dégâts que nous avons subis à la suite du cyclone [d'octobre dernier] se montent
à quatre ou cinq milliards de dollars », a observé M. Haque, du Bangladesh.
« La Banque mondiale et les autres institutions financières ont déjà
fait le tour [des bénéficiaires], et accordé leurs prêts. Nous leur demandons :
"Comment allons-nous vous rembourser si nous savons que nous risquons d'être
frappés par une nouvelle catastrophe l'année prochaine ?" », a expliqué Abou
Kamal Ouddin, l'expert en adaptation de la cellule bangladaise sur le changement
climatique.
Pour M. Ouddin, le nouveau mandat de Bali devrait tenir
compte du fait que « nous vivons au sein d'un ordre mondial général et délimiter
la quantité d'émissions de gaz à effet de serre par habitant susceptible d'être
autorisée ; nous pourrions ensuite vendre notre part de crédits carbone
inutilisés aux populations des pays développés et utiliser cet argent pour
survivre ».
Selon ECO, une lettre d'information quotidienne, publiée par
les organisations non-gouvernementales de défense de l'environnement qui
participent au sommet de Bali, les décisions du nouveau comité du Fonds
d'adaptation seront prises par consensus ou, faute de consensus, à la majorité
des deux tiers.
Toujours selon la lettre d'information, le comité
dispose d'un pouvoir de révision sur toutes les questions liées au Fonds, y
compris sur les dispositions institutionnelles prises par le FEM et la Banque
mondiale, qui assumera le rôle d'administrateur pour une période de trois ans. «
Mais cette autorité suffira-t-elle à affaiblir le FEM si nécessaire ? »,
s'interrogeaient les éditeurs.
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