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Le Canal : Comment s'est-il passé le pèlerinage? Rouzouna Issulah : "D'une manière générale, le voyage est bien passé puisque nous sommes revenus à la maison sains et saufs. Toutefois, il faut souligner que l'aventure n'était pas facile. D'abord à la Mecque, les pèlerins comoriens ont été hébergés dans des hôtels très éloignés de la mosquée Muharram. Cet éloignement nous obligeait à payer des frais de déplacements pour effectuer les obligations du hadj au sein du lieu saint. Nous avons opté pour un hôtel plus proche. Une solution pratique mais toute aussi coûteuse. Beaucoup de rumeurs ont fait état de mauvaises conditions de vie pour les pélerins comoriens?
"Tous ces problèmes sont passés à la Mecque seulement. Parce que nous sommes arrivés dans cette ville à 9 heure du matin et étions obligés de prendre notre mal en patience jusqu'à 14 heures pour retrouver des lieux d'hébergement. Lorsque nous nous sommes rendus compte qu'ils étaient en plus très éloignés du centre de la Mecque, nous n'étions évidemment pas contents. Sinon tout s'est bien passé dans les autres villes". Comment avez-vous vécu les accidents qui ont endeuillé le pèlerinage? Si tu fait allusion à l'effondrement de l'immeuble et à la bousculade de la plaine de Mina, on était pas inquiet. D'ailleurs on était pas au courant de ces catastrophes. Ces nouvelles nous parvenaient des Comores. Et même si on était au courant cela n'allait pas perturber le déroulement du hadj. On savait qu'au cours du pèlerinage, il se produit pas mal d'accidents. En tout cas, il faut s'attendre à tout au milieu de tant de personnes. N'importe où et n'importe quant, la mort peut surgir." Qu'est ce qui vous a le plus marqué durant votre pèlerinage? "Je dirai deux choses. D'abord la marche devant la Kaaba. La prière devant ce monument reste inoubliable. Il est difficile d'imaginer l'effort qu'il faut fournir pour exécuter ce rituel. Chaque fois, on se qu'on va se lâcher et se laisser mourir, tellement la foule est innombrable et la bousculade trop forte. Mais on est obligé de continuer car c'est une bataille, une fois qu'elle est engagée, il faut aller jusqu'au bout. Impossible de faire marche arrière. Donc ma présence à cet endroit est restée mémorable. Ensuite, on se sent bien dans ces terres saintes. Si je vous dis que j'étais malade en quittant ici, vous n'allez pas croire. Pourtant si. Et j'ai pu exercer tranquillement mon pèlerinage. C'est pour vous dire que la foi renforce le fidèle".
Recueilli par A.A.
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