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Les habitants de certains quartiers de Moroni ont reçu hier la visite des agents de nettoyage du Croissant rouge qui procèdent au nettoyage des citernes souillées par les cendres du Karthala. Armés de compresseurs, de seaux et de javel entre autres, les volontaires de l'organisation humanitaire ont attaqué 4 quartiers de la ville pour commencer : Hadoudja, Mboueni, Sahara et Magoudjou. "Ce sont les quartiers qui se sont montrés prêts. Beaucoup de quartiers de Moroni n'ont pas envoyé leur liste", explique le maire, Jaffar El Macelie. Cette opération financée par l'Union Européenne est supervisée à l'Unicef et à la cellule d'urgence qui sont en charge de l'eau, en collaboration ave le Croissant rouge, non seulement dans les régions mais aussi dans la capitale. Mais contrairement aux autres zones sinistrées qui ont bénéficié du traitement une semaine après l'éruption, c'est hier seulement que les opérations ont commencé dans la capitale. Ce retard s'explique par le fait que la plupart des habitants de la ville sont connectés au réseau de la société nationale de l'eau et de l'électricité. Ce sont les familles installées en hauteur qui souffrent le plus de problème d'eau : non seulement les cendres ont pollué les citernes, mais la Mamwe n'arrive pas à les fournir de l'eau régulièrement. Ainsi, les habitants doivent prendre leur mal en patience.
Manque de volontaires
Les citernes n'ont pas encore été remplies. Le Croissant rouge procède pour l'instant à l'évacuation des eaux usées et au nettoyage. Une fois les citernes propres, elles sont couvertes d'une bâche. "Ils sont venus nettoyer ce matin mais ils n'ont rien mis. Ils nous ont dit de nous préparer avec du ciment car ils viendront avec de la tôle, mais ils ne nous ont pas dit quand est ce que l'eau viendra", déclare un habitant du quartier Mboueni, impatient de voir sa citerne remplie d'eau. Les travaux accusent une certaine lenteur car rien que dans le quartier de Mboueni, les services du Croissant rouge n'ont pu nettoyer que 3 citernes. "Ils sont restés jusqu'à 13 heures et ils sont partis. En tout cas, ils ne pouvaient rien faire car les citernes sont grandes et ils ne sont pas nombreux" explique Mohamed Moussa, l'un des volontaires du quartier qui assistent le Croissant rouge dans l'opération.
Ce pendant, ce que la mairie craignait est arrivé. Au cours d'une réunion avec les chefs de quartier, le maire avait avoué sa peur que les jeunes ne s'impliquent pas comme il le souhaitait. Les agents de nettoyage se sont retrouvés seuls devant les citernes ; c'est ce qui explique en partie la lenteur dans les opérations. Ce sont les propriétaires des citernes, avec quelques volontaires, qui assistaient le Croissant rouge. "Les jeunes n'ont aucune motivation. Peut-être que si il y avait un petit financement comme pourboire, ils seraient beaucoup à se joindre à nous", se plaint Alhadhur Mroivili, un autre volontaire.
Ahmed Abdallah |