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La première, de moindre envergure, a été jugée rapidement. Le prévenu n'était en effet pas là, et seule une des quatre victimes s'est présentée à l'audience présidée par M. Mancini. Selon cette dernière, qui a témoigné à la barre en shikomori, "je cherchais un avocat car j'avais une affaire au tribunal. Mais je n'en connaissais pas. Sur la route du tribunal, j'ai rencontré un homme qui m'a dit qu'il était avocat, qu'il venait de Paris, et que je n'avais pas à chercher plus loin. Il m'a demandé 350 euros que je lui ai donnés. Il m'a donné un reçu en échange." Il ne l'a cependant jamais défendue. Pas plus que ses trois autres victimes recensées, à qui il a demandé les sommes de 350 euros, 150 euros, et 100 euros. Et pour cause : monsieur X se faisait passer pour un avocat du barreau de Paris ayant suivi sa formation de droit à Toulouse et ayant décidé de s'installer à Mayotte. Il profitait ainsi de la naïveté de personnes peu informées sur leurs droits. "Il se prétendait avocat d'un grand cabinet parisien, et escroquait ainsi les gens", a résumé le président, qui l'a condamné, en son absence, à une peine de un an de prison. Il a également délivré un mandat d'arrêt à son encontre.
La deuxième affaire est bien plus complexe, et les sommes en jeu plus importantes. Les faits remontent à 2001. Cette année-là, Y.T.D. est accusé par la Banque française commerciale de l'océan Indien (BFCOI), dominante sur le marché mahorais, d'avoir volé de l'argent sur une demi-douzaine de comptes dits dormants – ces comptes sur lesquels les opérations sont rares et dont les titulaires sont souvent discrets. Il aurait, selon l'instruction, profité de son poste de chargé de la clientèle pour empocher un total de 18.000 euros. Une somme que son frère a tenté de rembourser via une demande d'emprunt, sans succès.
Si un accord fut trouvé entre les deux parties en 2002 pour qu'Y.T.D. quitte la banque, la BFCOI a porté plainte et s'est constituée partie civile. Elle n'était pourtant pas représentée à l'audience ce mercredi, tandis que l'accusé, qui conteste les faits, était défendu par Maître Sylvie Sevin. L'avocate, lors de son réquisitoire, a démonté l'instruction menée selon elle "à charge" contre son client.
"Il y a autour de cette affaire un certain nombre de zones d'ombre sur lesquelles la partie civile est toujours restée évasive et que n'a pas relevé l'instruction", a dénoncé Me Sevin. Selon elle, son client est poursuivi pour abus de confiance, "alors qu'aucune somme ne lui a été remise" – élément essentiel pour ce type d'accusation. En effet, la banque n'a fourni aucun bordereau prouvant qu'Y.T.D. a reçu cette somme. En outre, "les victimes n'ont jamais été entendues, même celles qui vivaient à Mayotte", a ajouté l'avocate. "C'est curieux tout ça !" Seule Ida Nel, représentant 'lune des victimes vivant en Afrique du Sud, a été interrogée par la police. Autre zone d'ombre : "On nous dit que les bordereaux ont disparu dans l'incendie d'un bâtiment de la BFC, mais pourquoi n'étaient-ils pas dans le dossier, alors que l'instruction était déjà en cours ?" Si Y.T.D. reconnaît une faute professionnelle, il nie avoie bénéficié de ces sommes, et assure avoir signé son acte de démission, en 2002, "sous la contrainte". Selon lui, le directeur de la BFCOI de l'époque voulait sa peau pour une obscure histoire de mœurs –"ils avaient la même maîtresse" affirme Me Sevin.
Cette dernière a demandé la relaxe, alors que le procureur, M. Rognoni, a requis une condamnation, "mais pas une peine de prison ferme". Le délibéré a été fixé par le président au 17 septembre prochain.
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