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Les urgentistes accueillent chaque année, dans les quatre services autorisés de l`île, quelque 130.000 patients - un habitant sur six - mais on ne compte qu`un médecin urgentiste pour près de 10.000 habitants, soit un ratio moitié moindre de celui officieusement admis dans la profession. Les grévistes réclament par conséquent pour les hôpitaux, des moyens humains supplémentaires, plus de lits et une réorganisation des services d`urgence en concertation avec les médecins de ville et l`autorité organisatrice des services de Santé, l`Agence régionale hospitalière (ARH). Le démantèlement de la prise en charge à domicile et la disparition des permanences de soin des médecins de ville ont ajouté depuis trois ans, à la saturation des urgences hospitalières. Ils ont aussi poussé au détournement de leur mission première, dans les cinq SMUR (Services médicaux d`urgence) de l`île. Une saturation permanente asphyxie le fonctionnement des urgences, en raison d`un manque de lits en maisons de retraite et dans les hôpitaux, pour des courts ou longs séjours. A l`hôpital Gabriel Martin de Saint-Paul (Ouest de La Réunion), où 200 lits sont disponibles pour un bassin de population de 200.000 habitants, "entre 100 et 150 malades dorment chaque mois sur des civières", a expliqué à la PANA, le docteur Philippe Morbidelli, délégué de l`AMUF (Association nationale des médecins urgentistes) pour La Réunion. La grève des urgentistes de La Réunion est fortement déterminée par la pénurie de personnel, tandis que le mouvement national insiste sur des questions de statut et de salaire. Néanmoins, la résolution des situations de crise au plan régional est tributaire de la négociation nationale. Après une réunion tenue à Paris dans la journée de samedi, le mouvement de grève a été reconduit. Une prochaine rencontre avec le gouvernement est prévue pour le 13 avril.
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