|
La SNS 207, ancien canot à la Grande Motte par la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) va débuter une seconde vie à Anjouan. Chargée le 19 mars, à Montoir de Bretagne, sur le porte-conteneurs CMA CGM La Licorne, le bateau doit arriver la semaine prochaine à Mayotte, avant de rejoindre sa destination finale. Avant son départ, la vedette de sauvetage, rebaptisée « L’Anjouanaise » a été remise à niveau et remotorisée, dans le cadre d’une action de coopération entre le Port Autonome de Nantes Saint-Nazaire et l’Ile autonome d’Anjouan. Le projet est né il y a un an, suite à une visite commerciale dans la région : « Nous avons été marqués par le manque cruel de moyens. A notre retour, une association a été créée pour trouver les partenariats et financements nécessaires au transfert d’une vedette », explique Jean-Paul Boisseleau, responsable de la cellule ingénierie du port et secrétaire de l’Association Ouest Atlantique Anjouan. Grâce à la SNSM, un canot déclassé a été récupéré : « Ce bateau évoluait en Méditerranée, ce qui correspond aux conditions dans lesquelles ils sera employé aux Comores. Il a toutefois fallu refaire la motorisation et en cela, le constructeur nous a bien aidé, avec un prix défiant toute concurrence », souligne Frédéric Quiniou, président de la station de pilotage de la Loire et trésorier de l’association.
Première vedette de sauvetage d'Anjouan
Avec ses deux moteurs Caterpillar de 120 CV flambants neufs, la SNS 207 sera à même d’intervenir entre Anjouan et Mayotte, une zone où de nombreux Comoriens périssent dans les « Kwassa Kwassa », ces petites embarcations rapides surchargées, utilisées par les réseaux d’immigration. Depuis le mois de janvier, 25 bateaux et plus de 400 clandestins ont été interceptés au large de Mayotte par les autorités françaises. Récemment, 18 immigrés, dont 2 femmes, se sont encore noyés, faute de moyens de sauvetage. Avec L'Anjouanaise, les Comores vont disposer, enfin, d’un navire spécialement dédié aux secours en mer : « La population sait que la vedette va arriver et elle est vraiment très attendue », confie Malide Bacar qui a reçu, comme huit de ses compatriotes, une formation de sauvetage en France. Aprrès la signature, en décembre 2003, d'une charte de coopération entre le PANSN et l'Ile Autonome d'Anjouan, l’établissement public français s'est engagé à contribuer à la collecte de matériel informatique et de reprographie, et à faciliter la recherche de moyens pour assurer la sécurité maritime et lutter contre la pollution. Au cours de l'année 2004, des formations de cadres du Port de Mutsamudu ont également été organisées par le Port Autonome, en collaboration avec l'Ecole Nationale de la Marine Marchande de Nantes, les Affaires Maritimes et le Centre de Sécurité des Navires.
Mer et Marine
|