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Women of Zimbabwe Arise (WOZA), une association dont les 55 000 membres sont des femmes âgées entre 16 et 73 ans et issues de foyers à faibles revenus, a publié un rapport préliminaire après le sommet de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), au mois d'août, sommet au cours duquel les 14 membres de l'organisation sous-régionale avaient exprimé leur confiance en la capacité du Zimbabwe à organiser des élections libres et justes.
« Les membres de WOZA n'ont pas la protection de la loi et la manifestation pacifique a été réprimée brutalement » Selon le rapport, plusieurs militantes de WOZA ont été victimes de graves exactions perpétrées par des agents des services de sécurité de l'Etat ; 75 pour cent d'entre elles ont subi des traitements humiliants et dégradants, 50 pour cent ont été victimes d'agressions et de tortures psychologiques et 40 pour cent ont subi des tortures physiques.
Près de la moitié des militantes interrogées ont affirmé avoir été détenues au-delà du délai réglementaire des 48 heures, alors qu'environ un quart des femmes du groupe-échantillon ont indiqué avoir eu des blessures nécessitant des soins médicaux.
« L'absence de violence, un climat de paix et le respect des droits civils de tous les citoyens sont les conditions préalables à toute élection [libre et juste] », selon les auteurs du rapport préliminaire.
L'association WOZA a été créée en 2003, dans un contexte de crise économique jamais connue depuis l'accession du Zimbabwe à l'indépendance, en 1980. Le but de l'association était de faire entendre la voix des femmes, de promouvoir leur leadership au sein des communautés et de les encourager à se battre pour la défense de leur droit et de leur liberté politique. Arrêtée plus de 30 fois, Jenni Williams, coordinatrice nationale de l'association vit en lieu sûr depuis trois ans pour éviter de se faire arrêter.
Dans une situation de crise économique où la pénurie de denrées de base, de carburant, d'électricité et d'eau potable est endémique au Zimbabwe, environ trois millions de Zimbabwéens - des hommes pour la plupart - se seraient expatriés depuis l'année 2000, selon certaines estimations.
En outre, le pays présente un taux d'inflation officiel supérieur à 6 000 pour cent, quatre Zimbabwéens sur cinq sont au chômage et les agences humanitaires internationales estiment que plus d'un tiers des 12 millions d'habitants que compte le pays pourraient avoir besoin d'une aide alimentaire d'urgence dans les prochains mois.
Blessures, tortures et soins médicaux
« Les femmes ont subi diverses formes de mauvais traitements - coups de bâton, coups de pieds, bastonnade avec des planches en bois, gifles ou coups sur la plante des pieds (falanga). Certaines exactions ont même été commises dans la rue pendant les arrestations des militantes, alors que d'autres se sont produites dans les véhicules de police et/ou pendant la détention des militantes dans les commissariats », a noté le rapport.
« On refuse systématiquement d'entendre les doléances d'une population en colère et de plus en plus désespérée. Tous les Zimbabwéens sont victimes de la crise économique et sociale que connaît le pays, mais ceux qui osent manifester sont réprimés brutalement par la police », peut-on lire dans le rapport.
Les militantes de l'association WOZA sont fréquemment traitées de « prostituées » par la police ; certaines femmes, qui vont souvent aux manifestations avec leurs enfants parce qu'elles n'ont pas les moyens de payer une aide familiale pour s'occuper d'eux, se retrouvent en détention avec leurs enfants dans les commissariats.
« Plusieurs femmes et leurs enfants ont subi des traitements cruels, inhumains et dégradants, car la police ne sépare pas les mères des enfants lorsqu'elle leur font subir ces châtiments », a souligné le rapport.
« D'après l'association WOZA, dans la plupart des cas, la police anti-émeute a chargé les militantes sur ordre de ses supérieurs» Et tous les mauvais traitements dont sont sujettes les militantes de l'association semblent être approuvés par la hiérarchie policière.
Toujours selon le rapport, sept pour cent des femmes ont indiqué que des agents de police avaient été mutés de leur poste », une mesure disciplinaire prise « pour les sanctionner de n'avoir maltraité les militantes arrêtées ». L'association WOZA a toutefois prévenu qu'il s'agissait de suppositions faites par des militantes interviewées et qu'aucune source indépendante n'avait confirmé ces informations.
Mais les femmes battues par les services de sécurité ont souffert de divers traumatismes, notamment de fractures et de profonds hématomes.
« Parmi les femmes battues et torturées par la police, 105 femmes (26 pour cent), dans le groupe-échantillon, ont affirmé que leurs blessures avaient nécessité des soins médicaux. Vingt d'entre elles avaient été hospitalisées suite aux blessures infligées par les agents de sécurité de l'Etat », a noté le rapport.
IRIN n'a pu recueillir les commentaires du gouvernement zimbabwéen concernant les accusations de violations des droits humains.
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