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    Malango Actualité ZIMBABWE ZIMBABWE: La baisse du taux de prévalence du VIH se confirme

     

    ZIMBABWE    

    ZIMBABWE: La baisse du taux de prévalence du VIH se confirme

    Vendredi 9 Novembre 2007- 10:57:39  - 
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    Lorsque le Zimbabwe a enregistré une baisse de son taux de prévalence du VIH en 2004, puis en 2006, la nouvelle avait été accueillie avec scepticisme. Cependant, selon des données officielles publiées mercredi dernier, le déclin s'affirme et le taux aurait chuté de 10 pour cent au cours des cinq dernières années.
     
    Le message de la prévention passe auprès des jeunes (Photo: Obinna Anyadike/IRIN)
    Le message de la prévention passe auprès des jeunes (Photo: Obinna Anyadike/IRIN)

    Selon une déclaration des Nations Unies, le ministère zimbabwéen de la Santé et de la Protection de l'enfance, avec le soutien d'un groupe d'experts internationaux, s'est fondé sur le nombre de contaminations répertoriées parmi les femmes enceintes reçues dans les services de soins prénatals afin de déterminer le nouveau taux de prévalence du VIH.

    Ainsi, à l'heure actuelle, 15,6 pour cent de la population adulte serait porteuse du virus.

    « Un déclin du taux de prévalence du VIH au Zimbabwe est enregistré depuis la fin des années 1990. Il s'agit d'une baisse continue », a expliqué Roeland Monasch, représentant adjoint du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef).

    En effet, le taux de prévalence n'a cessé de chuter : il est passé de 25,7 pour cent en 2002, à 21,3 pour cent en 2003 et atteignait les 17,7 pour cent en 2006. Le Zimbabwe abrite environ 11,6 millions d'habitants.

    « Les plus importantes baisses ont été enregistrées chez les femmes enceintes âgées entre 15 et 24 ans. En effet, dans cette tranche d'âge, le taux de prévalence du VIH est passé de 20,8 pour cent à 13,1 pour cent en seulement quatre années (de 2002 à 2006) », ont indiqué les Nations Unies dans le rapport.

    Cependant, Roeland Monasch a mis en garde et a souligné qu' « un taux de 15,6 pour cent est un taux élevé et que l'heure n'est pas à l'autosatisfaction. Au contraire, nous devons tirer avantage de cette action positive de la part des jeunes et consacrer plus d'énergie et de ressources à la lutte contre le VIH/SIDA au Zimbabwe. »

    Bien qu'ils aient fait preuve de certaines réserves au cours des précédentes années, les observateurs reconnaissent à présent que le taux de prévalence du VIH accuse une réelle baisse.

    « [Le Zimbabwe] est le seul pays d'Afrique australe à posséder des données aussi détaillées et vérifiées. Ces données rendent compte de déclins progressifs du taux de prévalence du VIH », a noté M. Monasch.

    Des représentants des Centres américains de prévention et de contrôle des maladies (CDC), l'Imperial College de Londres, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (Onusida), l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l'Unicef ont participé à la dernière révision du taux de prévalence du VIH/SIDA au Zimbabwe.

    « D'un point vue statistique, la baisse enregistrée au fil des ans est significative », a expliqué James Elder, porte-parole de l'Unicef. « En effet, les femmes enceintes représentent l'ensemble de la population sexuellement active. C'est sur cette information que l'on se fonde pour déterminer les modèles épidémiologiques et estimer le taux de prévalence général chez les hommes et les femmes en âge de procréer ».

    Ces modèles sont constamment révisés par des experts indépendants afin de s'assurer que les estimations sont les plus précises possibles, a-t-il ajouté.

    Le succès remporté par les programmes visant à modifier les comportements des jeunes du pays a été cité comme l'une des causes pouvant expliquer la forte baisse du taux de prévalence du VIH.

    Selon les données de l'enquête, les jeunes sont plus nombreux à avoir modifier leurs comportements, et ils ont notamment réduit le nombre de leurs partenaires sexuels et recouru davantage à l'utilisation du préservatif.

    Le Zimbabwe a été l'un des premiers pays à avoir mené une étude épidémiologique générale, qui a eu pour résultat l'élaboration d'une stratégie fondée sur les résultats.

    Cette stratégie visait à encourager le changement de comportement au sein de la population et reposait sur la promotion de la réduction du nombre de partenaires sexuels et de l'utilisation systématique du préservatif.

    « Les jeunes ont réduit le nombre de leurs partenaires sexuels et ont davantage de rapports sexuels protégés que par le passé. Ils ont compris le message, mené des actions et courent moins de risques », a déclaré Bruce Campbell, représentant de l'UNFPA au Zimbabwe.

    Prudence des acteurs sur les causes de la baisse

    Compte tenu du marasme économique et de l'insécurité alimentaire auxquels font face les Zimbabwéens, certains prétendent que la baisse du taux de prévalence du VIH n'est pas liée à un changement de comportement, mais à d'autres facteurs, tels que la hausse du taux de mortalité.

    Ainsi, selon ces personnes, le nombre d'individus mourant du sida dépasserait le nombre de nouvelles contaminations au VIH.

    D'après 'Evidence for HIV decline in Zimbabwe' ('Des signes de déclin du VIH au Zimbabwe'), une étude des données épidémiologiques menée par l'Onusida à la fin de l'année 2005, la baisse du taux de prévalence national, enregistrée entre 2000 et 2004, est le résultat d'un déclin de l'incidence du VIH et d'une augmentation de la mortalité chez les adultes ».

    Toujours selon cette étude, « les changements de comportements sexuels ont contribué à la baisse du taux de prévalence et à la chute de l'incidence du VIH au Zimbabwe. »

    « Des recherches supplémentaires sont encore en cours afin d'évaluer la portée de chacun des facteurs sur la réduction du taux de prévalence », a expliqué M. Monasch. « Il ne s'agit pas d'un exercice facile ni rapide à accomplit, mais nous demeurons confiants et pensons que les stratégies menées conjointement par le gouvernement et les Nations Unies afin de modifier les comportements de la population, durant les années 1990, ont porté leurs fruits et ont été comprises par la population instruite du Zimbabwe. Les signes indiquent clairement que la mortalité n'est la seule responsable de la chute du taux de prévalence ».

    Pour M. Elder, « il n'a pas été démontré que [la migration des Zimbabwéens vers d'autres pays] ait été un facteur très important ».

    Des propos nuancés par l'étude de l'Onusida : « La migration internationale a été d'une grande ampleur, et l'éventualité qu'elle ait pu contribué dans une moindre mesure au déclin du taux de prévalence du VIH ne peut être écarté. »

    « Cependant, les signes dont on dispose ne semblent pas étayer le point de vue selon lequel le niveau général de la migration et (notamment) le degré de surreprésentation d'individus symptomatiques et asymtomatiques infectés au VIH parmi les migrants aient un lien avec la baisse du taux national de prévalence du VIH. »

    M. Monasch s'est dit optimiste que la tendance à la baisse se confirme à l'avenir. « [La baisse] peut se maintenir, mais pour cela, il faut que des fonds soient disponibles afin de continuer à mener les programmes. Nous savons ce qui fonctionne au Zimbabwe. Il a été démontré qu'en adressant les bons messages sur le changement de comportement, les jeunes les comprennent et agissent en conséquent », a-t-il dit.

    « Les jeunes ont diminué le nombre de leurs partenaires sexuels et ils utilisent plus de préservatifs qu'autrefois. Le Zimbabwe est le pays qui utilise le plus de préservatifs de toute l'Afrique australe », a-t-il rappelé.

    Toutefois, il reste toujours des progrès à faire, a-t-il prévenu. « Nous devons continuer de conjuguer nos efforts afin de garantir le maintien et le développement des programmes nationaux de prévention contre le virus. En effet, les enfants séropositifs dont l'état de santé requiert un traitement continuent d'avoir accès aux médicaments de manière inadaptée et ils sont moins susceptibles de débuter une thérapie que les adultes », a-t-il regretté.

    Une optimisme prudent que Mary Sandasi, directrice exécutive de Women's AIDS Support Network (Réseau de soutien femmes et SIDA), a partagé.

    « De nombreux programmes de sensibilisation sont adressés à la population et ces initiatives participent au déclin du VIH. Mais, je regarde aussi le nombre de décès, et la maladie continue de tuer. Il reste encore beaucoup à faire », a-t-elle conclu.

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