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    Malango Actualité ZIMBABWE ZIMBABWE: Les fermiers blancs forment un pourvoi devant la SADC

     

    ZIMBABWE    

    ZIMBABWE: Les fermiers blancs forment un pourvoi devant la SADC

    Mardi 18 Décembre 2007- 13:12:53  - 
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    Justice for Agriculture (JAG) [Justice pour les agriculteurs], une association zimbabwéenne qui défend les droits des agriculteurs et plaident la cause des quelque 4 300 exploitants agricoles commerciaux blancs dépossédés de leurs terres par le programme de réforme agraire accélérée du gouvernement, a déclaré qu'elle se pourvoirait devant le Tribunal de la communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).
     
    Le gouvernement peut confisquer tout l'équipement et les machines agricoles des fermiers blancs dépossédés. Photo IRIN
    Le gouvernement peut confisquer tout l'équipement et les machines agricoles des fermiers blancs dépossédés. Photo IRIN

    L'association a pris la décision de porter l'affaire devant le tribunal à la suite d'un arrêt prononcé par la Cour suprême la semaine dernière, et qui donne l'autorisation au gouvernement de confisquer tout l'équipement et les machines agricoles des fermiers blancs dépossédés.

    Le tribunal de la SADC, créé en 1992 en vertu de l'article 9 du traité de la SADC, comme institution centrale de cette entité régionale, n'a ouvert ses portes qu'en 2005 ; il a pour mandat d'assurer que les pays membres du traité respectent l'Etat de droit.

    John Worswick, directeur général de JAG, a expliqué à IRIN que l'association se pourvoirait également devant la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples (CADHP), une entité statutaire de l'Union africaine, sise à Banjul, en Gambie, et qui veille à l'application de la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples, aux termes de laquelle « la liberté, l'égalité, la justice et la dignité sont des objectifs essentiels à la réalisation des aspirations légitimes des peuples africains ».

    Plusieurs juges de la Cour suprême sont parmi les bénéficiaires du programme de réforme agraire accélérée mis en place au Zimbabwe, et qui prévoyait la redistribution des terres agricoles des exploitants blancs aux populations noires sans terre ; mais dans le cadre de laquelle, à en croire les critiques, les terres confisquées ont au contraire été réparties entre les responsables du gouvernement, les politiciens et les membres haut placés du ZANU-PF (le parti au pouvoir), de l'armée et des forces de police.

    Le président Robert Mugabe a lancé ce programme gouvernemental de réforme agraire accélérée en 2000, mais de nombreux exploitants blancs ont entreposé leur équipement et leurs machines agricoles avant ou après la redistribution de leurs terres.

    Selon les organisations donatrices internationales, plus d'un tiers de la population, soit 4,1 millions de personnes, sont en mal d'une aide alimentaire d'urgence, conséquence, d'après les analystes, de la sécheresse et de ce programme chaotique de réforme agraire. Pour sa part, le gouvernement attribue les pénuries alimentaires aux sanctions imposées par les Etats-Unis et l'Union européenne, ainsi qu'au climat.

    Pour redonner au Zimbabwe sa place d'exportateur net de denrées alimentaires, le gouvernement s'est embarqué dans un programme de mécanisation pour la prochaine saison agricole déclarée comme « la mère de toutes les saisons agricoles », et a créé un nouveau ministère - le ministère de l'Agriculture, de l'Ingénierie et de la Mécanisation - pour superviser la mécanisation du secteur.

    Malgré tout, le taux d'inflation de près de 8 000 pour cent - le plus élevé du monde - a également provoqué de graves pénuries de devises, utilisées pour acheter des pièces détachées, des substances chimiques, du carburant et de l'électricité. La maigre récolte de blé de l'hiver dernier a été attribuée aux pénuries de carburant et d'électricité, qui ont rendu inopérables les systèmes d'irrigation électriques ou alimentés au fioul.

    La décision de la cour a déclenché une vague de saisies de machines agricoles, aux dépens des quelques exploitants blancs restants, qui seraient au nombre de 400 environ ; par ailleurs, plusieurs fermiers ont rapporté à IRIN que d'autres exploitants commerciaux blancs auraient été expulsés depuis le prononcé de l'arrêt.

    Sikhanyiso Ndlovu, ministre de l'Information, n'a pas souhaité s'exprimer à ce sujet et a déclaré à IRIN : « c'est vous qui m'apprenez qu'ils souhaitent contester l'arrêt de la cour, ce qui veut dire qu'il s'agit d'une rumeur, car ils [JAG] ne nous ont pas dit qu'ils en avaient décidé ainsi. Les décisions de la cour doivent être respectées ».

    Pour M. Worswick, « depuis 2000, tous les jugements rendus sur des questions foncières obéissent à des considérations politiques, et ne reposent ni sur la justice ni sur l'équité. Nous sommes en train d'épuiser tous les recours que nous offre la loi et, à l'heure qu'il est, nous sommes prêts à porter l'affaire devant le tribunal de la SADC et la CADHP. Ce n'est pas parce que la Cour suprême a prononcé son arrêt que nous devrions baisser les bras. Nous sommes prêts à aller jusque devant les tribunaux internationaux de [...] La Haye ».

    Sur les quelque 4 300 fermiers blancs expulsés de leurs exploitations, seuls 300 ont été indemnisés, selon M. Worswick. « Les quelques exploitants qui ont accepté l'indemnisation ridiculement dérisoire [versée par l'Etat] étaient âgés : incapables de cultiver leurs terres, ils étaient tombés dans la misère et la plupart d'entre eux voulaient s'acheter des médicaments », a-t-il expliqué.

    Les exploitants soutiennent qu'en termes de valeur des terres et des infrastructures (barrages, habitations, granges.), l'Etat leur doit un total de 30 milliards de dollars ; selon le gouvernement, en revanche, les exploitants ne devraient être indemnisés qu'à hauteur des frais d'amélioration, les terres appartenant auparavant aux populations indigènes, qui en avaient été dépouillées par les colons pendant la colonisation du pays, dans les années 1890.

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    © IRIN 2007 - Reproduction soumise à autorisation

    Source : IRIN
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