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Comment s'est organisée la coopération entre l'Université des Comores et celle de Perpignan ? Je suis venu faire un audit en novembre dernier, par l'intermédiaire de l'Ambassade de France. Cet audit a été positif : j'ai indiqué que l'Université de Perpignan pouvait apporter des solutions aux problèmes rencontrés.
Quels sont ces problèmes ? La principale faiblesse concerne la formation. Il y a trop peu de docteurs parmi les enseignants. Il faut que tous atteignent un niveau académique pour pouvoir ensuite se passer de nous. On peut résoudre le problème en 4 ans, en délocalisant les masters de l'Université de Perpignan. J'ai déjà donné les premiers cours du Master de Droit. On en profitera pour former les magistrats et avocats de la place. Et tous les professeurs qui interviendront en master le feront aussi en licence.
Cela signifie-t-il que l'Université des Comores délivrera des diplômes français ? Les masters, et également une licence professionnelle intitulée "Qualité des aliments et de l'environnement", seront délocalisés, donc suivis sur place mais délivrés par l'Université de Perpignan. Délocaliser un diplôme, ce n'est pas facile : ça veut dire qu'on a des étudiants inscrits à Perpignan, avec une carte d'étudiant française… Par contre, les licences générales seront comoriennes. Nous n'aurons pas besoin d'intervenir longtemps en licence : dès l'an prochain, de nouveaux enseignants auront effectué un master ou une thèse. Le but est de faire fonctionner l'Université à court terme. Mais il ne s'agit pas d'une coopération à sens unique. Dans nos délocalisations, nous faisons toujours intervenir des professeurs locaux. Les délocalisations permettent une économie de temps, de moyens et de personnes. Les professeurs peuvent rester ici pour enseigner tout en se perfectionnant. Et ceux qui soutiennent ici ont plus de chance de rester que ceux qui passent leur diplôme en France…
Une Université, c'est aussi la promotion de la recherche… L'objectif de l'Université est de transmettre la connaissance mais aussi de la créer, de la faire avancer. C'est la recherche qui fait la qualité de l'enseignement. Il va y avoir des mémoires de master, des thèses sur des sujets comoriens. Cela va permettre d'initier la recherche à l'Université. Ce qui compte, c'est de créer un réseau d'enseignants et de chercheurs. On envisage même d'organiser un grand colloque scientifique ici… L'important, c'est l'état d'esprit : ne pas vivre en cercle fermé, s'ouvrir sur l'extérieur. Il ne faut pas que les scientifiques soient isolés. A Perpignan, on pourra publier les meilleurs travaux de recherche. Je crois que les conditions sont réunies pour mettre en place des fondements solides pour cette Université.
Recueilli par LG |