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Mercredi 1er juillet. Au lendemain du crash, une famille -celle du magistrat Djaffar Ahmed- laisse exploser son désespoir devant les locaux de la Direction des opérations de secours et de protection civile, à l'aéroport. Le crash l'a frappée de plein fouet, happant trois frères qui, revenant de Paris et du Maroc, s'étaient retrouvés à Sana, au Yémen, pour embarquer dans l'A310. Frère des trois victimes, Moustoifa invective : « Ma mère est en train de mourir parce qu'elle a perdu ses enfants, il y a 48 heures que je suis là, et je n'ai vu personne, il n'y a personne pour nous consoler. Hier je suis monté dans un bateau de pêcheur pour chercher, et je suis venu ce matin avec des gilets de sauvetage car je suis sauveteur, mais on ne sait pas quoi faire, on ne nous dit rien. Tu ne peux pas pénétrer à l'intérieur.»  A l'intérieur justement, le colonel Ismael, directeur des opérations de secours, se défend d'avoir eu connaissance de la présence de ces personnes. « Cependant, ce n'est pas ici le lieu approprié pour informer les familles », explique-t-il. « Il n'y a pas d'équipe médicale et psychologique pour les prendre en charge en cas de malaise. Nous leur conseillons plutôt de se rendre au Cosep (Centre opérationnel des secours et de protection, ndlr) à Moroni, qui est là pour renseigner et appuyer les familles. » Mais il suffit de se rendre au Cosep pour se rendre compte que la réalité est toute autre. Le soir même, la tension monte devant les grilles du centre opérationnel gardé par les soldats. « On est là pour avoir des renseignements. On nous a dit de venir ici, et ici on reste derrière les grilles et on nous donne des informations qui ne tiennent pas debout. Des personnes nous disent ceci ou cela en sortant, on ne vit que de la rumeur. Aucune autorité n'est venue pour nous donner de réelles informations » se plaint Chabane, qui a perdu un membre de sa famille. 
Mercredi soir, devant les grilles du Cosep, il est impossible d'entrer ni d'obtenir la moindre information. Un numéro de téléphone "vert" est affiché sur un mur : deux personnes tentent d'appeler sous nos yeux, en vain.
Les passages vers l'ancien hôtel Galawa, au nord de l'île, tout près de la zone où l'avion s'est abîmé, sont également filtrés : ni journalistes, ni familles de victimes. Ce mercredi, certains ont attendu durant des heures devant le barrage des militaires. Parmi eux, des hommes qui ne connaissaient aucun passager de l'A310, mais sont simplement venus s'informer. C'est là l'une des seules consolations pour les familles : leur drame est vécu de près par toute l'île. Un chauffeur de taxi venu spécialement de Moroni explique que « je suis là depuis 8 heures et je partirai à midi. Je suis venu seulement pour écouter les autres. Parce que l'accident m'a touché. » Un peu plus loin, un jeune homme murmure : « Je ne connais personne parmi les victimes, mais on est tous des Comoriens. » 
Aux abords du Galawa, aucune information ne filtre. 
Une équipe de journalistes américains tente de parlementer. Rien n'y fera.
LG - photos E.T.
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