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C'est en accumulant des faux papiers anodins, comme
les factures de téléphone, que les faussaires parvenaient à s'en
procurer des vrais pour leurs « clients ».
L'affaire est restée secrète jusqu'à la fin du
mois de janvier, afin de ne pas perturber l'enquête. Une dizaine de
personnes ont alors été interpellées à Nîmes et Marseille. Mais
la zone d'action de ces faussaires était beaucoup plus large puisque
les enquêteurs ont retrouvé une centaine de dossiers déposés à
Nîmes, Montpellier, Alès, Marseille, Bordeaux, Nice, Foix, Pamiers,
Montauban, Poitiers, Mâcon, Bourg-en-Bresse, Saint- Étienne, le
Puy-en-Velay…
Les filatures, les écoutes, ont permis de démantelé
la filière des faussaires. Ils avaient installé leur atelier de
fabrication à Marseille, simplement équipé d'ordinateurs, d'un
scanner et d'une bonne imprimante. Le tout permettait la
falsification des factures EDF ou celles des faux actes de naissance,
certifiés par des tampons plus vrais que nature.
En août 2009, les services de la Paf avaient été
alertés sur des dossiers de cartes d’identité déposés à Alès
qui semblaient alimentés par d’étranges actes de naissance
établis dans des communes de Mayotte. Les policiers grattent et
découvrent qu’à Nîmes aussi, des dossiers similaires sont en
attente. Tous ont pour point commun d’être alimentés par des faux
de toutes sortes : actes de naissance, factures EDF, attestations
d’assurance. Les actes de naissance trafiqués sont porteurs de
faux tampons de communes de Mayotte (Sada, Tsingoni, Mamoudzou). Les
sceaux de la République française de cette zone de l’océan
indien ne sont pas familiers des services d’état civil de
métropole. Ce qui permettait à des ressortissants comoriens
d’obtenir la nationalité française
C’est à Marseille, qui compte la plus importante
communauté comorienne, que les faussaires "travaillaient"
avec des rabatteurs et des accompagnateurs. Ces derniers guidaient
les Comoriens dans leurs démarches et allaient jusque dans les
mairies récupérer les papiers avec le demandeur. Le "kit carte
d’identité" était facturé entre 1 000 et 3 000 €.
Ce joli coup de filet de la Paf sur ces officines pourrait, à terme,
mettre au jour une fraude aux organismes sociaux.
Avec Midi Libre |