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« Elles agissent comme si c'était un banal accident de voiture. Il s'agit quand même de 152 victimes ! », s'insurge l'avocat Ahmed Bahassani,un membre du collectif des familles des victimes du crash de l'A310 de Yemenia qui s'est produit le 30 juin au large des côtes comoriennes. « Les boites noires sont parties en France alors que notre juge d'instruction en charge du dossier est encore ici. Aucun autre représentant du tribunal comorien, non plus, n'est parti là-bas », relève-t-il, pour étayer ses propos. Ahmed Bahassani, déplore également l'absence de communication entre le gouvernement comorien et les proches des victimes. « On ne nous communique rien. Les informations dont nous détenons, nous les apprenons comme les autres à travers les médias ou par les autres familles des victimes installées en France qui sont bien informées par l'ambassadrice française chargée des victimes, qui est à Paris », regrette-t-il. « Je ne crois pas que la présence du juge d'instruction était nécessaire dans ce travail qui est strictement technique », soutient Abdillah Mwigni, le secrétaire général du ministère comorien en charge des transports. L'autre aspect évoqué par Bahassani, concerne l'établissement des pièces juridiques constatant la mort des victimes. Alors que la justice française a, jusqu'ici, établi 78 jugements déclaratifs de décès, aux Comores rien ne semble avoir été fait. « Jusqu'à maintenant aucun acte de décès n'a été délivré par les autorités comoriennes », constate l'avocat. Le secrétaire général du ministère des transports assure, pourtant, que ces papiers seront établis, dès la fin des travaux de recherches qui s'effectuent dans la zone du crash depuis le 20 août dernier. Rappelons que les pièces demandées par les familles des victimes leur serviront pour la constitution du dossier qui leur permettra de prouver leur qualité et ainsi pouvoir prétendre à bénéficier des éventuelles réparations, à commencer par cette indemnisation provisoire de 20 000 euros annoncée par les assureurs de Yemenia et qui doit être versé à chacun des passagers à bord du vol IY626. Des représentants des assureurs de la compagnie Yemenia, sont d'ailleurs dépêchés aux Comores, pour cette mission mais aussi pour l'identification des 90 nouveaux restes mortels qui ont été remontés en surface à la fin du mois d'août et début septembre sur la zone du crash au Nord de la Grande Comore. Le navire EDT Ares qui a entamé les travaux de recherche depuis le 20 août, permettant ainsi le repêchage des deux enregistreurs de vols de l'appareil accidenté fin juin, arrêtera ces activités le 14 septembre prochain. Ce sera en ce moment que ces restes mortels seront remis aux autorités comoriennes en vue de leur identification et leur inhumation. Les familles plaident pour un cimetière collectif pour toutes les victimes. « Cela nous permettra de revenir tous les ans sur ce lieu, pour prier pour nos morts », explique Bahassani, ajoutant que le repêchage de ces restes mortels « vient raviver le deuil des proches ». « C'est en même temps une bonne chose, il y avait trop de spéculation qui circulaient. Certains faisaient même croire que l'avion a été pris en otage. Cette découverte nous fait découvrir la vérité », a-t-il mentionné. Une rencontre entre les émissaires des assureurs de la compagnie Yemenia Airways et les proches des victimes s'est tenue mercredi 9 septembre à Moroni. Mais les deux parties sont restées discrètes sur le contenu de leurs discussions. « C'était juste une prise de contact. Nous avons évoqué d'une manière globale le dossier. Ils nous ont assuré qu'ils vont verser les indemnisations, mais il nous faut constituer les dossiers nécessaires », nous a confié, brièvement, Ahmed Bahassani. Alors que les assureurs de la Yemenia, ont poliment décliné notre sollicitation. « Pour toutes informations, il faut contacter directement nos clients, (Yemenia Airways) », nous ont-ils répondu. A en croire Me Bahassani , ce n'est pas tant, l'aspect financier qui compte le plus pour les familles des victimes. Ce qui est nécessaire « c'est la manifestation de la vérité ». Faissoili Abdou
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