|
En adoptant cette position, l’ancien chef de
l’Etat joignait ainsi sa voix à celles des forces politiques qui
s’opposent au régime du président Ahmed
Abdallah Sambi.
Une prise de position qui a été mal digérée par
les tenants du pouvoir qui ont tenu à exprimer leur exaspération,
lors d’une conférence de presse tenue samedi dernier dans un grand
hôtel de la place. Le ton adopté lors de cette rencontre était
agressif. L’ancien président a eu droit à une sévère mis en
garde du régime contre « toute tentative de
déstabilisation ». « Nous vous suivons de près »,
a averti le vice président Idi
Nadhoim. Commentant les propos de l’ancien chef de l’Etat,
qu'il dit être émaillés d’« inepties », ce
haut responsable a dépeint un homme qui « a la mémoire bien
courte, au vu des événements qui ont émaillés la vie de
notre pays depuis qu’il n’en a plus les hautes responsabilités
». De son côté, Fouad
Mhadji, le ministre de la fonction publique, a dit que cet ancien
président n’a « aucune leçon de démocratie à donner
car il n’est pas lui-même démocrate ».
« Je me dois de lui [Azali ndlr] rappeler
qu’il eut été judicieux pour lui et pour notre pays qu’il sorte
de sa réserve durant la période de la rébellion de Mohamed
Bacar à Anjouan », a déclaré le vice président Idi
Nadhoim, principal animateur de cette conférence, faisant référence
au statut militaire de l’ancien président de l’Union.
En effet, M. Idi qui considère le colonel Azali
comme un « officier de réserve », soutient que le
pays attendait de cet ancien militaire qu’il s’engage activement
lors du débarquement de Ndzouani aux côtés de l’armée
nationale. « Son silence frisait la complaisance sinon la
complicité pour une grande frange de notre population »,
a-t-il affirmé.
Le vice président était entouré à cette occasion
par Fouad Mhadji, le ministre de la fonction publique, Mohamed Bacar
Dossar, le directeur de cabinet chargé de la défense à la
présidence, Nourdine Bourhane, le secrétaire général de la
présidence, Djae Ahamada, vice président à l’Assemblée
nationale, le directeur général de la douane, son homologue des
hydrocarbures, l’ancien ministre Mmadi Ali etc.…
Le sujet qui a dominé cet échange entre les
représentants du pouvoir et la presse était « l’harmonisation
des mandats » interprété par certains comme étant un
moyen détourné pour le président Sambi de vouloir s’incruster au
pouvoir. Un soupçon que rejettent d’un revers de la main les
autorités présentes dans la salle de conférence. « Ni la
tournante ni l’autonomie des îles ne sont aucunement remise en
cause par le gouvernement », a essayé de démontrer le
vice président Idi. Des propos entérinés par Fouad Mhadji, le
ministre de la fonction publique qui a lancé à l’endroit de « ses
frères Mohéliens » que ce qui est en train de se faire
était, au contraire, « un aménagement de la présidence
tournante ». Et de soutenir : « plus
démocrate que le président Sambi ça n’existe pas ».
Ces autorités ont laissé entendre que les accords
de Fomboni, qui ne sont qu’un « traité signé entre des
leaders politiques » étaient caducs. « Il ne faut
pas oublier qu’on a voté une constitution en 2001 et des accords
signés entre des hommes politiques ne peuvent pas être au dessus
d’une constitution voté par l’ensemble des Comoriens »,
a fait valoir Mohamed Bacar Dossar, le directeur de cabinet chargé
de la défense à la présidence. « Nous sommes dans un
contexte de normalité constitutionnelle et non dans une charte
constitutionnelle comme c’était le cas avant », a
renchérit Djae Ahamada, le vice président de l’assemblée. Avant
de rappeler que « la constitution a été révisée en 2009
» et que celle-ci n’a pas précisé la date des élections. « Cela
se fera par le congrès », ont-ils noté, se basant sur une
disposition de la réforme constitutionnelle de 2009. Une révision
dont, rappelle Nourdine Bourhane, le secrétaire général du
gouvernement, a enregistré « son plus grand score dans
l’île de Mwali », ce qui signifierait un « soutien
des habitants de cette île aux réformes engagées par le
gouvernement ».
F.A. |