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A Moroni, les familles des victimes sont partagées entre le deuil et la colère. En effet, cela fait maintenant plusieurs années que les passagers de la diaspora mettent en cause la sécurité des avions de Yemenia qui effectuent la ligne Sanaa-Moroni. « Il ne faut pas faire d'amalgame entre prestation de service et condition de sécurité », a indiqué Abdou Said Madi, le directeur général de l'aviation civile aux Comores, précisant que « nos inspecteurs contrôlent souvent ces avions si on trouve des failles on leur demande de les corriger ». « Yemenia airways pratique des tarifs moins élevés par rapport aux autres compagnies », a-t-il poursuivi comparant la situation à un client qui fait ses courses « chez Tati ou dans les magasins situés aux Champs Elysées ». Etrange comparaison quand il s'agit de la vie des gens. « Tonton », gardien d'une maison située sur les hauteurs de Mitsamiouli, affirme avoir vu « l'avion monter à la verticale » puis avoir vu « une explosion ». « Je ne suis pas le seul à l'avoir vu, il y a aussi le gardien du stade ». Bakar Bahia, la jeune fille retrouvée en vie, a, elle aussi vu l'explosion, selon Saïd Ali Madi, l'un de ses sauveteurs. Le directeur se refuse à confirmer cette thèse. Interrogé sur les circonstances de l'accident, Abdou Saïd Madi, a noté qu'une « commission d'enquêtes composée de Comores, des Yéménites et de Français allait se mettre en place pour faire la lumière sur le Crash ». Concernant les conditions de sécurité à l'aéroport, ce même responsable révèle qu'il y a « trois entités autonomes qui s'occupent de l'aéroport à savoir l'Asecna, l'Aimpsi, et le handling qui gère l'assistance au sol ». Les activités de ces trois entités sont supervisées par la direction de l'aviation civile. « Notre aéroport a été mis aux normes de 2004 à 2006 sur un financement de la France. Ce qui a permis notre adhésion à l'Asecna », a affirmé Hadji Mohamed Ali le directeur général de l'aéroport international prince Saïd Ibrahim de Moroni. Interrogé sur les raisons qui l'avait poussé, récemment, à clouer au sol des avions qui assurent le trafic aérien inter-îles alors que les appareils de Yemenia Airways, pourtant mis en cause par les usagers, continuaient tranquillement leurs activités, le directeur général de l'avion civile a indiqué qu'il se base sur la « documentation technique » des avions. « Ce sont des documents émanant d'un pays membre de l'OACI et nous ne pouvons pas les mettre en cause », a-t-il précisé. « Les avions doivent être révisés directement par l'usine constructeur alors que les compagnies dont nous avions cloué les appareils au sol avaient décidé de travailler avec des agences sous traitant pour leur révision », a-t-il expliqué. L'A310 qui s'est abîmé près des Comores sorti de production en 1990, était exploité par la compagnie aérienne Yemenia depuis octobre 1999. Ce bi-réacteur long-courrier est entré en service en 1983, issu de la première gamme du constructeur européen. Selon le site internet spécialisé Aviation Safety, l'A310 est un appareil qui a connu au total 8 accidents mortels, faisant 673 victimes au total. Faissoili Abdou/E.T. |