Les pénuries de carburant et d'électricité récurrentes ces derniers mois aux Comores ont fait perdre aux entreprises locales jusqu'à 60 millions d'euros, estime la principale organisation patronale de l'archipel.
"Les pertes subies se chiffrent entre 20 et 30 milliards de francs comoriens (entre 40,6 et 60,9 millions d'euros)" depuis le mois de juin, a déclaré à l'AFP Ahmed Chamsoudine, président de l'Organisation patronale des Comores (Opaco), s'appuyant sur les statistiques de la Banque centrale des Comores. Selon M. Chamsoudine, ces chiffres ne comprennent pas "le manque à gagner des employés mis en congé, les maladies dues à la consommation de produits périssables non contrôlés, etc.".
M. Chamsoudine a également critiqué la "gestion chaotique de cette crise, qui aurait pu être évitée".
L'archipel des Comores est confronté à des pénuries de carburant récurrentes depuis le mois de juin, quand la Société nationale des hydrocarbures a décidé de ne pas renouveler son contrat d'approvisionnement avec le groupe pétrolier français Total, arrivé à échéance le 16 avril.
Ces pénuries ont paralysé la majeure partie de l'activité et provoqué une grogne croissante contre les autorités. Organisations professionnelles et syndicats avaient appelé à une grève générale vendredi et samedi sur l'île de Grande-Comore et la majorité des entreprises et des principaux commerces sont restées fermées.
"Il est urgent de libéraliser" la Société nationale des hydrocarbures, a estimé M. Chamsoudine. "Il faudra trouver une formule qui implique à la fois les opérateurs économiques comoriens et étrangers et qui aille dans le sens de l'intérêt du pays", a-t-il ajouté.