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Les hauts responsables de l’île autonome de
Ngazidja condamnés
le 11 août dernier à des peines de deux à quatre mois de
prison ferme pour le chef d’accusation de « violences et
voie de faits » par le tribunal correctionnel de Moroni,
sont en liberté provisoire depuis lundi.
Il s'agit de quatre ministres (commissaires), le
secrétaire général du gouvernement de l’île, celui de la
présidence de l’île ainsi que trois responsables de la police.
« C’est un jour de l’Ide avant l’Ide »,
s’écrie, Abderemane Boina Mohamed, ancien préfet du centre et
actuel conseiller du chef de l’exécutif de l’île.
Il est 12h39. Leur avocat Me Mahamoudou
Ahamada, arrive et pénètre dans la maison centrale. « Enfin !
C’est lui qu’on attendait », murmure un proche du
gouvernement de l’île. Une dizaine de minutes après, le premier
condamné, Mohamed Abdou Mhadjou, le responsable de la sécurité
intérieure de l’île, franchit le portail affichant un visage
mangé par la barbe. Visiblement très affaibli, comme d’ailleurs
tous ses amis, il salut la foule. Sa femme fond en larmes. Lui, le
bouillonnant membre du gouvernement de l’île, s’efforce tant
bien que mal de retenir les siennes. Pas question de montrer un signe
de faiblesse. Comme lui, ses autres compagnons d’infortune
sortiront un à un, recevant les embrassades de leurs proches. « Nous
sommes sereins. Nous nous sentons aguerris pour continuer la lutte »,
déclare l’un des prisonniers, quelques minutes après leur sortie.
Ensemble, ils regagneront à pied le siège de l’exécutif de l’île
où les autres membres du gouvernement de l’île les attendent.
Dans la cour, des femmes miment un semblant de fête. On y chante et
on y danse. Oubliées ces journées de sit-in devant le palais de
justice de Moroni pour réclamer la libération des responsables
l’île emprisonnés.
En effet, pour le gouvernement de l’île de
Ngazidja comme pour les proches des condamnés, cette mise en liberté
provisoire est un « début de victoire ». « Je
suis très contente. C’est presque comme le jour où je l’ai mis
au monde », s’exclame, la mère du conseiller Mohamed
Saïd. « C’est le droit qu’il l’a emporté »,
affirme Kamar Ezamane Mohamed, le responsable des finances et porte
parole du gouvernement de l’île.
C’est triomphalement que le chef de l’exécutif
de l’île,Mohamed Abdouloihab, a fait son entrée à Ngazi Ngome,
se jetant dans les bras de ses collaborateurs qui viennent de
retrouver la liberté, provisoire soit-elle, après plus d’un mois
passé derrière les barreaux. « c’est le résultat d’une
demande de mise en liberté provisoire introduit le 14 août, après
le jugement du 11 août leur condamnant et après avoir interjeté
appel le 12 août », a expliqué leur avocat. « J’ai
sollicité leur mis en liberté provisoire devant la cour d’appel
de Moroni en attendant la suite de l’appel en cours »,
ajoute-t-il, précisant que ses clients « restent
poursuivis ».
« Je tiens à rendre hommage au parquet
général pour avoir accepté cette mise en liberté provisoire. Cela
démontre que nous avons le même souci », lance Me
Mahamoud. Cette déclaration de l’avocat fait écho au message
adressé par Mohamed
Abdouloihab, le chef de l’exécutif de Grande Comore devant ses
collaborateurs réunis à Ngazi Ngome. « C’est un jour de
l’Ide avant l’Ide que nous célébrerons dans une semaine »,
a-t-il déclaré. « Nous ne pouvons pas dire toute notre
satisfaction puisque, si ces responsables sont libres, ils ne le sont
que provisoirement. Nous ne devons pas aussi oublier, le cas du chef
du protocole de cette institution ainsi qu’un autre collaborateur
emprisonnés arbitrairement pour tentative d’incendie »,
a-t-il rappelé, faisant allusion à deux de ses proches
collaborateurs emprisonnés au mois de mai. La justice les suspecte
d’avoir planifier l’incendie d’une maison appartenant à un
ancien ministre du gouvernement Sambi. « N’empêche, les
prisonniers de la République sont parmi nous », a-t-il
conclu, savourant ce moment de retrouvailles.
Faissoili Abdou |